Dégénérescences maculaires : les cellules souches passent le test

Il y a presque trois ans, les premières transplantations de cellules souches embryonnaires (CSEh) étaient effectuées sur l'homme pour des traitements de graves pathologies de l'œil. Un suivi des dix-huit patients, qui ont bénéficié de ces greffes depuis cette date, révèle que la vision de dix d'entre eux s'est effectivement améliorée. Ces travaux, publiés ce 15 octobre dans The Lancet, démontrent la bonne tolérance et la sécurité à moyen terme de ce type de procédures.

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Dégénérescences maculaires : les cellules souches passent le test

En janvier 2012 étaient annoncées les premières implantations de ces cellules souches embryonnaires humaines (CSEh, voir encadré) à des patientes atteintes de dégénérescences maculaires. La première souffrait de la maladie de Stargardt, une affection génétique qui se traduit par une altération progressive de la macula (la région centrale de la rétine), entraînant une baisse importante et irréversible de l'acuité visuelle. La seconde était atteinte de dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA, perte progressive de la vision centrale).

Les cellules souches embryonnaires sont des cellules ayant la capacité de se différencier en tout type de cellules, présentant ainsi un énorme potentiel clinique. Découvertes chez la souris il y a une trentaine d'années, elles ont immédiatement suscité de grands espoirs pour le traitement de maladies dégénératives.

Identifiées chez l'homme en 1998, elles alimenté de vives controverses éthiques – ces cellules étant prélevées sur des embryons au premier stade de développement. Leur capacité illimitée d'auto-renouvellement a également soulevé des inquiétudes quant à leur sécurité, certains biologistes craignant que leur implantation entraîne le développement de tumeurs.

Depuis cette date, seize autres patients ont bénéficié de CSEh dans le cadre d'essais cliniques. Des quantités différentes de cellules ont été implantées chez les malades (50.000, 100.000 ou 150.000 unités). L'objectif de ces travaux était, avant tout, de déterminer la tolérance et la sécurité de ce type de traitement.

Des résultats très encourageants

C'est donc un total de neuf patients souffrant de la maladie de Stargardt et neuf de DMLA qui ont été suivi pendant 22 mois (en moyenne). Leur suivi clinique fait aujourd'hui l'objet d'un compte rendu dans The Lancet.

Selon l'étude, dix des dix-huit patients ont enregistré "une amélioration substantielle de leur vision", mesurée par leur capacité à lire des lettres sur un tableau.

Huit d'entre eux étaient même capables de lire quinze lettres supplémentaires un an après la transplantation, précisent les auteurs de l'étude.

Chez un des patients, la vision s'est en revanche dégradée tandis que chez sept autres, elle n'a pas évolué.

D'autres recherches doivent suivre

Aucun phénomène de prolifération cellulaire indésirable n'a été observé par les chercheurs. Il n'y a pas eu non plus de rejet, du fait de traitements immunosuppresseurs administrés aux patients (comme pour toute greffe de tissus vivants étrangers).

Des effets indésirables ont toutefois été rapportés, attribués par les chercheurs à cette baisse de l'immunité des patients, ou aux suites de l'opération chirurgicale proprement dite.

Les auteurs de l'étude souhaitent désormais définir les conditions qui ont pu favoriser le succès des dix procédures réussies.

Parallèlement à ces travaux, des recherches sont menées sur l'implantation de cellules souches pluripotentes induites (iPS) - issues non pas d'embryons, mais générées à partir de cellules de peau que l'on fait régresser à un état antérieur de développement. Les traitements à partir de ces cellules dérivées du patient lui-même permettraient d'éviter les problèmes rencontrés avec les CSEh. 

En savoir plus sur les premières greffes de cellules souches :

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