Cancer de la prostate : un traitement pour limiter les effets secondaires

Alternative à la chirurgie ou à la radiothérapie, Focal One, un nouveau traitement par ultrasons du cancer de la prostate, associant pour la première fois imagerie IRM et échographie 3D, est proposé à l'hôpital Edouard Herriot de Lyon pour cibler la tumeur et réduire les effets secondaires. Ce procédé encore en stade d'évaluation est testé depuis début avril 2014 dans les hôpitaux de Bordeaux, Toulouse, Lille et Paris.

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Cancer de la prostate : un traitement pour limiter les effets secondaires
Cancer de la prostate : un traitement pour limiter les effets secondaires

Conçue et fabriqué par la société EDAP TMS à Vaulx-en-Velin près de Lyon, Focal One est le premier dispositif au monde associant l'imagerie par IRM pour localiser la tumeur, sa fusion sur une échographie 3D et les ultrasons focalisés à haute densité.

Cibler les ultrasons sur la tumeur et délimiter la zone à détruire

Près de 80% des "cancers localisés" de la prostate sont considérés comme "curables" mais aujourd'hui le traitement de référence du cancer de la prostate par chirurgie, radiothérapie ou ultrasons, consistant à traiter la prostate dans sa totalité, entraîne "des risques élevés d'incontinence urinaire ou de séquelles sexuelles", souligne le Dr Albert Gelet, du service d'urologie et de transplantation.

Une fois la tumeur suspecte détectée sur l'IRM, puis confirmée par biopsie, les images sont chargées sur Focal One qui les superpose sur l'échographie 3D, prise par la sonde introduite dans le rectum au cours de l'intervention, a expliqué le Dr Sébastien Crouzet au cours d'une conférence de presse.

"La fusion de l'IRM et de l'échographie permet aux chirurgiens de cibler les ultrasons plus précisément sur la tumeur et de délimiter la zone à détruire, tout en pouvant ajuster en temps réel", a-t-il dit soulignant que cette technique diminuait ainsi "les risques d'effets secondaires".

Une intervention sans cicatrice en une seule séance de 30 minutes

Le chirurgien va ensuite contrôler par IRM la zone traitée pour éventuellement ajuster le tir d'ultrasons. Les patients seront ensuite soumis à des biopsies de contrôle.

Cette intervention, sans cicatrices, est réalisée en une seule séance de 30 minutes à deux heures, en ambulatoire, sous anesthésie locorégionale, a souligné le Dr Crouzet. Toutefois, il précise que cette technique, qui a obtenu de très bons résultats, n'a pas encore été validée comme standard thérapeutique. Elle est encore au stade d'évaluation, un processus qui pourrait durer une dizaine d'années.

La technique des ultrasons focalisés a été expérimentée pour la première fois il y a trois ans sur un prototype de Focal One.

Depuis juin 2013, l'appareil définitif a été utilisé sur une soixantaine de patients de l'hôpital Edouard Herriot atteints de cancers de la prostate considérés comme risque faible ou intermédiaire. Depuis le début du mois d'avril 2014, une autre machine circule dans les hôpitaux de Bordeaux, Toulouse, Lille et Paris.

En France, le cancer de la prostate fait encore 8.000 morts par an - contre 10.000 pour le cancer du sein -, un chiffre en baisse de 2% chaque année grâce à la détection précoce par le dosage de PSA. Toutefois, on recense 71.000 nouveaux cas par an.