Abus d'urgences

Nausées, perte de clés ou petits bobos… Les pompiers de Paris se plaignent d'être appelés constamment pour de fausses urgences. Pour lutter contre ces appels injustifiés au 18 et 112, une campagne de communication à coup d'affiches et de slogans, est lancée et invite les Français à faire preuve de civisme.

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Abus d'urgences

- Reportage de Céline Morel et Dominique Tchimbakala -

Campagne de sensibilisation à l'utilisation abusive des numéros d'urgence

 

"Allô, mon chat est coincé dans un arbre", "allô les pompiers, j’ai perdu mes clés", "je suis allergique aux poils de mon chat, venez vite"… Voilà un échantillon des appels reçus au standard de la Brigade des Sapeurs des Pompiers de Paris (BSSP). Une plateforme qui s'apparente de plus en plus à une sorte de bureau des plaintes. Le problème, c'est que ces plaintes ne sont pas du ressort des pompiers. Et c'est bien là tout le problème.

L'année dernière, la brigade de Paris a reçu plus d'1,6 million d'appels. 15 % d'entre eux ne concernaient pas des missions d'urgence et de secours. Ce qui fait environ 240 000 appels, et plus de 12 000 fausses alertes. "A ces chiffres s'ajoutent les quelques 380 000 appels correspondant à des erreurs de manipulation des téléphones".

Abus d'urgences

Les pompiers de Paris regrettent d'être appelés trop souvent pour de mauvaises raisons : bobos, perte de clés, etc. Autant de motifs qui n'ont rien à voir avec l'urgence.

Et au bout du fil, les personnes qui appellent sont souvent bien conscientes de ne pas s'adresser à la bonne personne. "Un homme qui nous avait appelé pour l'allergie de son épouse nous a déclaré qu'il avait recours aux pompiers parce qu'ils intervenaient très vite, qu'ils savaient tout faire, et que lorsqu'on était conduit par les pompiers à l'hôpital, on était pris en charge plus rapidement par les médecins", indique la Brigade. "Or, ce n'est pas vrai, ce sont les médecins qui choisissent dans quel ordre ils traiteront les malades", confie le commandant Samuel Bernes.

De plus, il y a les personnes qui rusent pour faire intervenir les pompiers. "On a eu des personnes en cours de divorce voulant récupérer leurs affaires et qui inventaient un pretexte pour que les pompiers forcent la porte. On a des gens bloqués dans un ascenseur lassés d'attendre les dépanneurs, qui inventent la présence d'un enfant malade".

L'abus nuit gravement à ceux qui en ont besoin

Le problème, c'est que certains de ces appels nécessitent l'envoi de pompiers sur place. C'est donc autant d'effectifs monopolisés sur de fausses urgences, et dont sont privés ceux qui en ont réellement besoin. Abuser des numéros d'urgences, c'est mobiliser des équipes de médecins, infimiers, sapeurs-pompiers ou policiers pendant que des personnes en détresse attendent qu'ils puissent répondre, les secourir, et parfois les sauver. C'est aussi un délit puni par la loi.

D'ailleurs, le colonel Gilles Malié rappelle que tous les ans, la Brigade lance des actions en justice contre ces gens qui multiplient les appels injustifiés et malveillants, et que cela se traduit par des amendes et des peines de prison.

"Les gens doivent être acteurs de leur sécurité, il faut qu'ils apprennent à discerner les vrais urgences", ajoute le commandant Bernes.

Le 18 et 112, mode d'emploi

Petit rappel d'usage du 18 et 112. Il est réservé à ceux qui veulent signaler une situation de péril ou un accident concernant des biens, ou des personnes. Exemples : incendie, fuite de gaz, risque d’effondrement, ensevelissement, brûlure, électrocution, accident de la route, etc. Le principe est de déclencher une intervention rapide des sapeurs pompiers.

Ces numéros gratuit ne sont pas une alternative aux numéros ou services payants. Rappelons que pour une perte de clés, fermeture de la pharmacie, ou tapage nocturne, il faut appeler respectivement le serrurier, la pharmacie de garde ou le commissariat.

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