Êtes-vous vraiment allergique aux antibiotiques ?

Les allergies aux antibiotiques peuvent provoquer des réactions très variées allant de la simple démangeaison à des réactions très graves comme l'oedème de Quincke ou le choc anaphylactique. En cas d'allergie, il faut évidemment arrêter de prendre l'antibiotique incriminé et le signaler à son médecin pour ne plus jamais être en contact avec la molécule. Mais on peut parfois confondre une allergie avec une intolérance ou un effet secondaire. Il serait dommage de se priver sans raison d'un médicament dont on pourrait avoir besoin dans le futur.

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Êtes-vous vraiment allergique aux antibiotiques ?

8 à 10% des Français se croient allergiques à un antibiotique. Pour en avoir le coeur net, il faut consulter un allergologue comme l'explique Marie-Laure Megret-Gabeaud, allergologue : "Quand on a une réaction étiquetée ou supposée allergique par un médecin, il faut absolument consulter. Tout d'abord pour faire un diagnostic positif : est-ce que vraiment on a une allergie. Deuxièmement est-ce qu'il peut y avoir un risque de sévérité et troisièmement pour trouver une autre molécule, c'est-à-dire une ressource thérapeutique en cas d'allergie".

La première étape en cas de suspicion d'allergie : un test cutané. L'infirmière pose d'abord une goutte de chaque antibiotique et la fait pénétrer dans l'épiderme. Puis, s'il n'y a pas de réaction claire, un second test est réalisé pour les mêmes produits en intradermal. Enfin au bout de quelques minutes, si la réaction n'est toujours pas précise, l'infirmière pose sur le bras des patches imbibés d'antibiotique. La patiente devra les garder quelques jours pour voir s'il y a une réaction.

En cas d'allergie avérée à un antibiotique, les patients doivent tester un autre antibiotique de remplacement. En cas de réaction allergique, une perfusion permettra d'injecter directement un antihistaminique.

Valider ou invalider une allergie permet de proposer au patient le traitement adapté à la pathologie, mais il s'agit aussi d'une question de santé publique comme le confie Marie-Laure Megret-Gabeaud : "En terme de santé publique, il est important d'avoir le bon antibiotique car il va y avoir un surcoût. Si vous n'êtes pas suffisamment traité, il peut y avoir des rechutes. Il peut y avoir des antibiotiques donnés à la place qui sont plus chers. Et surtout, il peut y avoir une émergence de germes résistant à certains antibiotiques ce qui est ennuyeux".

Sur l'ensemble des personnes testées, les allergologues estiment qu'environ 10% de patients sont réellement allergiques à un antibiotique.

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