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Urgences de Strasbourg : les grévistes réclament plus de sécurité

Un préavis de grève a été déposé aux urgences de Strasbourg après une "agression" très violente. Les victimes ont porté plainte et le personnel réclame la présence continue d’un vigile et la mise en place d’un système d’alerte.

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Urgences de Strasbourg : les grévistes réclament plus de sécurité
Wikimedia Commons / 4net

Une situation "fréquente" mais "très violente". C’est par ces termes que le docteur Etienne Quoirin, responsable de l’unité du site de Hautepierre à Strasbourg, décrit l’événement qui a secoué le CHU le jeudi 22 août. Ce jour-là, "les pompiers sont arrivés en grande difficulté avec un patient extrêmement agité sur leur brancard" raconte le médecin. "L’homme cassait tout autour de lui. Il était à la fois très violent, très musclé et très confus" poursuit-il.

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Traumatisme thoracique, cervicalgie, morsures…

Face à une telle situation, la marche à suivre est de "contentionner la personne agitée" et de "l’attacher sur un brancard pour ne pas qu’elle se blesse elle-même" explique le docteur Quoirin.
A Strasbourg, pour maîtriser ce patient, "quatre ou cinq pompiers et des forces de l’ordre qui passaient à proximité et qui ont prêté main forte ont été nécessaires. Mais dans l’action, des membres du personnel hospitalier ont été blessés", ajoute le médecin.

Morsures, sang craché au visage d’une infirmière, traumatisme thoracique, cervicalgie ou encore luxation d’un pouce : "trois infirmières, deux aides-soignantes, deux médecins et un ambulancier privé ont ainsi été touchés" compte Christian Prud’homme, secrétaire général du syndicat Force Ouvrière (FO) aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS) et infirmier-anesthésiste de formation.

Revendications sécuritaires

Pour autant, le docteur Quoirin "ne parle pas d’agression". Ce sera, selon lui, "à la justice de décider si ce terme s’applique ou non à la situation" en évaluant les plaintes que les victimes ont déposées.

Outre les plaintes, un préavis de grève a également été publié pour la journée du 6 septembre prochain. Principale revendication des grévistes : un renforcement des mesures de sécurité : "en juillet dernier, nous avons obtenu la présence d’un vigile pendant seulement quatre heures par jour. Nous demandons à ce qu’il soit présent 24 heures sur 24. De plus, la police municipale historiquement présente sur le site du CHU a été supprimée il y a deux ans. Nous demandons sa réhabilitation."

Et ce n’est pas tout : les grévistes demandent également "la mise en place d’un système d’alerte entre personnel similaire à celui utilisé en psychiatrie sous forme d’un bouton-pression autour du cou ou dans une poche car en cas de violence, tout peut aller très vite" poursuit le secrétaire général.

Enfin, aux vues des conditions de travail difficiles, le personnel en grève revendique une revalorisation des heures supplémentaires à hauteur de 100%.

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"Tout le monde est épuisé"

Aux urgences de Strasbourg, ces revendications surviennent dans une situation sociale déjà tendue. Après un mouvement de grève conduit en avril 2019, un accord obtenu en juillet avait conduit à "la réouverture de 25 lits de médecine en post-urgence, un moratoire sur les fermetures de lits et une augmentation de la prime de travail difficile pour tout le personnel" témoigne Christian Prud’homme.


Car au CHU de Hautepierre comme dans les autres services d’urgence de France, "on subit de plein fouet l’augmentation de l’affluence aux urgences" témoigne en effet le docteur Quoirin. "La demande médicale n’a jamais été aussi forte ce qui aboutit à une charge de travail plus importante. Au final, tout le monde est épuisé et le système hospitalier est en train de craquer" poursuit-il.

Des propositions "courant septembre"

Aujourd’hui, cinq mois après le début de la grève des urgentistes, le mouvement s’étend encore à l’échelle nationale : 217 services d’urgence sur 620 sont ainsi actuellement en grève, selon le Collectif Inter Urgences.
Au micro de France Inter le 26 août, la ministre de la santé Agnès Buzyn a annoncé qu’elle ferait des propositions "courant septembre" pour résoudre cette crise et qu’elle travaillait sur la mise en place d’un "numéro de téléphone de régulation" afin de mieux gérer le flux des passages aux urgences.

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