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Ces professionnels de santé qui ont voté pour l'assouplissement de la loi Evin

Les plaidoiries des addictologues et des professionnels de santé contre l'assouplissement de la loi Evin se sont confrontés à la pression des lobbies des alcooliers, et à la volonté d'une partie de l'exécutif de débrider la promotion du vin en France. En dépit des argumentaires scientifiques et médicaux en faveur du maintien du texte actuel, l'Assemblée nationale a voté hier l'amendement. Parmi les députés présents neuf médecins, pharmaciens ou salariés du secteur médical se sont prononcés pour cette évolution.

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Ces professionnels de santé qui ont voté pour l'assouplissement de la loi Evin
Représentants des citoyens et professionnels de santé, comment votent-ils à l'Assemblée ?

L'Assemblée compte en ses rangs trente-huit membres déclarés comme professionnels de la santé ou affiliés : vingt-deux médecins, deux chirurgiens, trois pharmaciens, deux sages femmes, trois dentistes et six "salariés du secteur médical".

Avant le vote, la cancérologue Michèle Delaunay (qui a voté contre) s'est déclarée "bordelaise, particulièrement fière de [son] territoire, [aux] routes sillonnées d'œno-touristes heureux". Elle a cependant déclaré que "détricoter un texte fondateur de la santé publique [dans une loi sur la santé] serait un très mauvais signe donné au Parlement."

Parmi eux, neuf ont voté en faveur de l'assouplissement de la Loi Evin (article 4 ter du projet de loi relatif à la santé) : quatre cardiologues (Elie Aboud, de l’Hérault ; Jean-Michel Couve, du Var ; Dominique Orliac, du Loiret), un ORL (Bernard Accoyer, Haute-Savoie),  un praticien hospitalier (Arnaud Robinet, Marne), deux pharmaciens (Jean-Pierre Barbier, Isère ; Gérard Cherpion, Vosges) et une salariée du secteur médical (Edith Gueugneau, Saône-et-Loire).

Seuls quatre professionnels de la santé ont voté contre cet amendement : Catherine Lemorton (présidente de la commission des Affaires sociales, et pharmacienne en Haute-Garonne), Gérard Bapt (cardiologue, Haute Garonne), Jacqueline Fraysse (cardiologue, Hauts-de-Seine) et Michèle Delaunay (cancérologue en Gironde). Gérard Sébaoun, médecin dans le Val-d'Oise, n'a pas pris part au vote, mais avait déposé un amendement (rejeté) demandant à préciser que les supports de communication ne délivrent pas "de message ou de mise en scène incitant à la consommation d'une boisson alcoolique". Ces cinq professionnels ont, logiquement, voté pour un amendement de Catherine Lemorton pour la suppression de l’article 4 ter.

A l'heure tardive où sont déroulés les débats - la séance débutait à 21h30 - 135 députés (sur 577 inscrits) restaient présents pour prendre part au vote. Quatre se sont abstenus.

Parmi les absents des bancs de l'Assemblée, on compte vingt-six députés professionnels de santé ou affiliés : douze médecins (Éric Alauzet, Jean-Paul Bacquet, Nicolas Dhuicq, Valérie Fourneyron, Sauveur Gandolfi-Scheit, Christian Hutin, Marc Laffineur, Jean Leonetti, Alain Marty, Pierre Morange, Philippe Nauche, Philippe Vigier), cinq salariés du secteur médical (Valérie Boyer, Martine Carrillon-Couvreur, Claude Greff, Jean-François Lamour, Céleste Lett), deux chirurgiens (Bernard Debré, Philippe Vitel), deux sages femmes (Marie-Odile Bouillé, Bérengère Poletti), trois dentistes (Jacques Bompard, Éric Jalton, Bernard Reynès).

Avaient-ils, tous, une bonne raison de ne pas prendre position sur cette controverse de santé publique ?

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