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Médicaments : préserver la chaîne du froid

Certains médicaments doivent se conserver au frais. Il s'agit même de la condition sine qua non pour qu'ils soient efficaces. En pharmacie de ville ou à l'hôpital, le respect de la chaîne du froid est un principe simple mais qui demande un certain sens de la logistique.

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Médicaments : préserver la chaîne du froid

Vous l'avez sans doute déjà déposé contentieusement dans le bac à légumes de votre réfrigérateur, sans trop savoir pourquoi. Le vaccin est un produit dit thermosensible. "Un médicament thermosensible est un médicament qui est sensible au froid et au chaud. Il faut donc bien le conserver au réfrigérateur, éviter de le coller contre les parois du frigo pour qu'il ne se congèle pas ou de le mettre au congélateur. Il faut prendre ces précautions parce que cela peut détruire le principe actif qui est dans ce médicament", explique Ana Socoliuc, pharmacienne. Le vaccin n'est pas le seul produit à devoir être conservé au frais. C'est aussi le cas de l'insuline par exemple ou des collyres pour la tension oculaire.

Dans les unités de production de poches de chimiothérapie, le respect de la chaîne du froid est un impératif qui exige quelques aménagements comme le confie Caroline Hochart, pharmacienne : "On a choisi de garantir un environnement réfrigéré tout au long du parcours de la poche. Cela commence par les matières premières que l'on stocke dans un frigo, dans lequel on a une sonde qui fait un relevé de température toutes les dix minutes environ. Le tout est relié à un logiciel de relevé de température qui déclenche une alarme si on a un problème de frigo la nuit, le week-end… Et c'est aussi relié à un téléphone de garde".

Entre et 2 et 8°C, c'est la température réglementaire à laquelle il faut conserver les produits thermosensibles. Si elle n'est pas respectée, elle risque de nuire à l'efficacité du traitement et à la santé du patient. "Certains produits vont se dégrader chimiquement dans la poche donc la concentration du produit sera moins forte et on peut même avoir des métabolites qu'on appelle toxiques qui seront délétères pour le patient. Par ailleurs, on a aussi une contrainte bactériologique. On travaille pour des patients fragiles et la contrainte de la chaîne du froid fait que la bactérie n'aura pas la place pour se développer puisqu'elle n'aime pas du tout le froid", précise Caroline Hochart.

Parce que les dégradations potentielles sont dans la plupart des cas impossibles à détecter à l'œil nu, un échantillon de produit est prélevé dans la poche et contrôlé. Ne reste plus alors qu'à transporter les poches vers l'hôpital où le patient attend son traitement. Et là encore, respecter la chaîne du froid impose quelques contraintes comme la mise en place d'un système d'enregistrement de la température du véhicule durant le transport.

À l'hôpital, un pharmacien référent réceptionne les poches et vérifie le relevé de température. S'il observe une variation anormale, la poche est mise en quarantaine avant de savoir si oui ou non elle peut être administrée sans risque au patient. Si la chaîne du froid a bien été respectée pendant le transport, la poche peut rejoindre le service clinique. Mais le produit ne doit pas être administré froid au patient mais à température ambiante, autrement il risquerait d'endommager son système veineux ou de causer des nécroses.

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