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Radioprotection : l'hôpital de la Timone à Marseille pris en défaut

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) relève un "défaut majeur dans la culture de radioprotection" au sein du grand hôpital marseillais de la Timone, pointant les équipements de protection non portés ou une formation à la protection des patients insuffisante, dans un rapport consulté mardi 8 décembre 2015 par l'AFP.

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Radioprotection : l'hôpital de la Timone à Marseille pris en défaut
Radioprotection : l'hôpital de la Timone à Marseille pris en défaut

Des carences dans la formation des personnels qui utilisent des rayons X

"Aucun membre du personnel médical" utilisant ces rayons, qui permettent par exemple de faire des radios, "n'a validé la formation à la radioprotection des patients", relèvent les inspecteurs de l'ASN dans leur rapport, rédigé après une inspection en octobre 2015.

Or, "cette formation constitue un pré-requis pour effectuer des actes faisant intervenir des rayonnements ionisants sur les patients", ajoutent-ils.

La direction, qui a "pris acte" de ces constats, "va mettre en place une campagne de formation et de sensibilisation des personnels médicaux". "Il y a 70 médecins qu'on va former", précise-t-elle.

Le gendarme du nucléaire relève par ailleurs que les dosimètres que devraient porter les salariés pour mesurer la quantité de rayons qu'ils reçoivent, et les alerter s'ils dépassent les seuils dangereux pour la santé, sont rarement sortis.

Les patients sont mal informés

Selon l'ASN, les patients ne sont pas non plus informés systématiquement, comme ils devraient l'être, des rayons qu'ils ont pu recevoir lors d'un examen, "la dose ou les éléments utiles à l'estimation de la dose reçue (n'étant) pas toujours reportés dans les compte-rendus d'actes".

Interrogée par l'AFP, la direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (APHM), sans nier le bien-fondé des critiques de l'ASN, a souligné qu'il "n'y a pas de défaut de protection vis-à-vis des patients". "On ne se met pas en danger quand on va se faire soigner à la Timone", a assuré Walid Ben Brahim, directeur de cabinet de la directrice de l'APHM.

"Il y a l'information et la traçabilité de l'information", continue d'affirmer l'APHM qui assure que les patients sont systématiquement informés, même si cette information n'apparaît pas dans les dossiers.

Les dosimètres dans le viseur de l'ASN

"Environ 90% du personnel des blocs n'a jamais activé de dosimètre opérationnel au cours des douze derniers mois", précise l'Autorité, beaucoup ne sachant pas à quoi servent ces appareils.

Pour protéger le cristallin des rayons qui peuvent l'endommager, des lunettes de protection sont "mises à disposition des chirurgies au bloc, mais ne sont pas portées", déplorent les inspecteurs. Lors de leur visite, les tabliers, jupes et chasubles de plomb, qui doivent faire rempart contre les rayons, étaient pour certains "disposés à même le sol", faute de place suffisante pour les ranger correctement, et s'abîment anormalement. Des manquements ont également été observés au niveau des indicateurs placés dans les salles de bloc opératoire pour indiquer qu'un appareil émettant des rayons a été allumé.

L'AP-HM promet une campagne de sensibilisation sur l'utilisation des équipements et des dosimètres et une "mise à niveau" de toutes les salles de la Timone 2 pour répondre aux nouvelles normes d'ici au 1er janvier 2017.

Avec ses 1.000 médecins, et ses 1.069 lits et places, la Timone est le plus grand hôpital de Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Il regroupe des services de pointe mais, comme l'ensemble des hôpitaux de l'AP-HM, est régulièrement épinglé pour des défaillances dans sa gestion.