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Hystérectomie, l'ablation de l'utérus

80.000 hystérectomies par an ont lieu, surtout pour des femmes entre 40 et 55 ans. Dans quels cas doit-on procéder à l'ablation de l'utérus ? Peut-on encore avoir une vie sexuelle après cette intervention ? Quelles sont les techniques actuelles les moins invasives ?

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Hystérectomie, l'ablation de l'utérus
Hystérectomie, l'ablation de l'utérus
Sommaire

Qu'est-ce que l'hystérectomie ?

Marina Carrère d'Encausse et Régis Boxelé expliquent l'hystérectomie

80.000 hystérectomies ou ablations de l'utérus sont pratiquées chaque année en France.

L'utérus est une cavité creuse de forme triangulaire, dans le prolongement du vagin. L'utérus possède un col et un corps. En haut, se situent les cornes utérines qui débouchent sur les trompes de Fallope conduisant aux ovaires. L'utérus a un rôle essentiel dans la fonction reproductrice chez la femme puisque c'est au niveau de sa muqueuse que va se fixer et se développer l'embryon puis le foetus pendant la grossesse.

Près de 20.000 hystérectomies sont réalisées du fait de la présence d'un ou de plusieurs fibromes. Le fibrome est une tumeur non cancéreuse, dont la gravité est très variable. Mais attention, tous les fibromes n'entraînent pas une telle opération. Elle est surtout envisagée lorsque les fibromes sont trop imposants, mal positionnés et lorsque les traitements médicamenteux ne sont pas efficaces.

L'autre indication majeure de l'hystérectomie, ce sont des saignements importants, notamment en cas d'adénomyose ou endométriose interne. Il s'agit d'une anomalie de la jonction entre l'endomètre (muqueuse qui tapisse l'utérus) et le myomètre (muscle de la paroi utérine), qui laisse les cellules de l'endomètre infiltrer le myomètre.

Dans des cas plus rares, l'hystérectomie est pratiquée pour mettre un terme à l'extension de l'endométriose aux autres organes lorsque ceux-ci sont déjà très atteints. Enfin, d'autres pathologies comme les cancers gynécologiques ou la descente d'organes peuvent justifier une telle intervention.

Pourquoi retirer l'utérus ?

Pour soulager ses douleurs, Sylvie a subi une hystérectomie totale en 2013

Pour les jeunes patientes, l'ablation de l'utérus signifie la fin de la possibilité de porter un enfant. En revanche, le cycle hormonal peut être conservé lorsque les ovaires sont laissés en place, et la lubrification du vagin aussi. La vie sexuelle n'est donc pas modifiée.

Les femmes qui subissent une hystérectomie ont souvent des difficultés à accepter l'opération. Elles ont l'impression de perdre leur féminité. Mais pour d'autres, quand la gêne était très importante, il peut s'agir d'une véritable délivrance.

Que ce soit pour des fibromes, de l'endométriose ou un cancer, l'hystérectomie s'avère parfois être la meilleure solution thérapeutique, mais ce n'est pas une décision qui est prise à la légère. Il est important pour les femmes de se faire suivre régulièrement par un gynécologue afin de dépister d'éventuelles pathologies gynécologiques.

Hystérectomie : techniques et méthodes

Attention, images d'intervention chirurgicale : l'hystérectomie par coelioscopie n'est possible qu'à certaines conditions

Aujourd'hui, trois techniques existent pour procéder à l'ablation de l'utérus. Le choix de la technique se fait en fonction de la taille de l'utérus, de sa mobilité mais aussi de l'indication opératoire. Le chirurgien peut procéder par laparotomie, c'est-à-dire en ouvrant l'abdomen. C'est la technique la plus ancienne. Elle laisse une cicatrice à vie.

Le chirurgien peut aussi recourir à la coelioscopie, une technique moins invasive qui consiste à introduire une caméra et des instruments par quatre petites incisions dans l'abdomen.

Enfin, et c'est la technique de plus en plus utilisée, le chirurgien peut retirer l'utérus par les voies naturelles, c'est-à-dire en passant par le vagin.

L'hystérectomie par les voies naturelles

Attention, images de chirurgie très impressionnantes ! Hystérectomie par les voies naturelles

Trois techniques existent pour procéder à l'ablation de l'utérus. L'une d'elles consiste à retirer l'utérus en passant par le vagin.

L'hystérectomie par les voies naturelles se déroule sous anesthésie générale. La première étape pour le chirurgien consiste à désolidariser le col de l'utérus du vagin. Il s'attèle ensuite à un minutieux travail de dissection.

Cette première étape effectuée, le chirurgien sectionne ensuite à l'intérieur de l'abdomen les ligaments qui maintiennent l'utérus. Pour cela, il utilise une pince coagulante qui permet de cautériser les vaisseaux au fur et à mesure de la dissection.

Progressivement, l'utérus est dissocié de ses attaches. Le chirurgien peut alors le retirer dans sa totalité. L'espace vide laissé par l'utérus est naturellement comblé par l'intestin. Le chirurgien peut alors procéder à l'ablation des trompes qui n'ont plus d'utilité. Pour éviter un désordre hormonal, les ovaires en bon état restent à leur place.

L'hystérectomie par les voies naturelles est moins invasive et beaucoup plus confortable pour les patientes. Des saignements sont courants ensuite pendant quelques jours, parfois suivis de pertes durant un mois. Il est interdit d'avoir des rapports sexuels pendant au moins un mois et les efforts importants doivent aussi être limités. L'opération par voie vaginale nécessite un arrêt de travail d'environ quatre semaines.

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