1. / Se soigner
  2. / Affaires, justice

Pourquoi le militant antivax Jean-Bernard Fourtillan est-il hospitalisé en psychiatrie ?

L’ancien pharmacien militant antivax Jean-Bernard Fourtillan a été incarcéré dans le cadre de l’affaire des essais cliniques clandestins menés avec le professeur Joyeux. Il a depuis été admis en service de psychiatrie pour raisons médicales. Explications.

Rédigé le

Pourquoi le militant antivax Jean-Bernard Fourtillan est-il hospitalisé en psychiatrie ?
Jean-Bernard Fourtillan en décembre 2016. Crédits Photo : Capture Ecran de la chaîne Youtube du Fonds Josefa.

Pourquoi Jean-Bernard Fourtillan, 77 ans, est-il aujourd’hui interné à l’hôpital psychiatrique d’Uzès, dans le Gard ? Ancien pharmacien à la retraite et militant anti-vaccin, il est récemment apparu dans le documentaire Hold-Up où il affirmait notamment que le coronavirus avait été "fabriqué par l’institut Pasteur" ? Une fausse information vérifiée par l’AFP et démenti par l’Institut, qui a porté plainte contre X pour diffamation.

A lire aussi : "Hold-up" : les principales fausses informations de ce documentaire

Essais cliniques non autorisés

Mais un an avant l’actualité brûlante du covid, Jean-Bernard Fourtillan était déjà dans le viseur de la justice, pour avoir réalisé des essais cliniques non autorisés avec le professeur Henri Joyeux au sein du "Fonds Josefa". Ces essais réalisés dans l’Abbaye Saint-Croix près de Poitiers ont été mené sur au moins 350 malades de Parkinson, d’Alzheimer ou souffrant de troubles du sommeil.

Dans le cadre de cette affaire, les professeurs Fourtilan et Joyeux font l’objet de poursuites de l’Ordre des médecins pour charlatanisme. Et c’est dans ce contexte que Jean-Bernard Fourtillan a été arrêté le 7 décembre et placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Nîmes. Puis, l’examen médical qui y a été mené conclu à la nécessité d’une prise en charge médicale, en psychiatrie, à l’hôpital du Mas Careison, dès le 10 décembre.

Un "internement abusif", selon ses partisans

Si la justice assure que cette décision est justifiée par des "raisons médicales", les partisans de Jean-Bernard Fourtillan dénoncent un internement "contre son gré", destiné à le faire taire, notamment pour ses positions anti vaccins et ses récents propos concernant le coronavirus. Sur les réseaux sociaux, ils appellent donc à "secourir" le professeur. Depuis, le centre hospitalier d’Uzès est harcelé par les soutiens de l’ancien pharmacien.

Interrogé par le Midi Libre, le docteur Jean-Philippe Labrèze, naturopathe et proche du professeur Fourtillan, exprime sa colère contre "cet internement abusif qui est une violation manifeste des libertés publiques". Il faisait partir d’un rassemblement samedi 12 décembre devant les grilles de l’hôpital psychiatrique.

"SDRE", l'ancienne "hospitalisation d'office"

Mais cet internement est-il effectivement une violation des libertés ? Le procureur de la République de Nîmes assure auprès de France 3 Occitanie que Jean-Bernard Fourtillan est "informé de ses droits" et "peut exercer un recours contre la décision administrative devant le juge des libertés et de la détention".

Cette procédure est en effet légalement encadrée et correspond à un protocole d’"admission en soins psychiatriques sur décision du représentant de l’État" (SDRE), anciennement appelée "hospitalisation d’office". Elle concerne "les personnes dont les troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l’ordre public", précise un document de la Direction des Affaires Juridiques de l’Assistance-Publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Bientôt reçu en audience

Après une période d’observation de 72 heures sous la forme d’une hospitalisation complète, les médecins de la personne en SDRE ont deux choix : maintenir le patient en hospitalisation complète, ou l’orienter vers un programme de soin.

Dans le cas de Jean-Bernard Fourtillan, sauf levée de la mesure d'hospitalisation pour raison médicale ou administrative dans les prochains jours, "il sera reçu en audience par un juge avec obligatoirement l'assistance d'un avocat", précise enfin le procureur de la République de Nîmes.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr