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Décès d'une porteuse d'implants mammaires PIP : les questions qui fâchent

Edwige Ligoneche, 53 ans, a succombé lundi 21 novembre 2011, à Marseille, des suites d’un lymphome, un cancer du sang, peut-être développé au contact de ces implants. Évidemment ce décès soulève de nombreuses questions et bien sûr beaucoup d’inquiétudes chez les femmes qui seraient toujours porteuses de ces prothèses mammaires. En 10 ans, PIP a vendu des prothèses pour 300 000 femmes, dont 30 000 en France.

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Décès d'une porteuse d'implants mammaires PIP : les questions qui fâchent
Sommaire

D’où viennent ces prothèses ?

Ces implants mammaires ont été fabriqués par la société Poly Implant Prothèse (PIP). Si 90 % de la production de cette société était exportée vers l'Espagne et l'Angleterre, en France de nombreux chirurgiens esthétiques ont utilisé ces prothèses mammaires défectueuses à partir de 2001. Seize des dix-huit centres de lutte contre le cancer les réutilisaient dans le cadre de reconstructions mammaires.

Depuis mars 2010, ces prothèses sont interdites, la société a été mise en liquidation judiciaire et son dirigeant est soupçonné de fraudes.

Le parquet de Marseille, qui a reçu plus de 2 000 plaintes de porteuses de prothèses mammaires PIP, va ouvrir une information judiciaire pour "blessures et homicide involontaire", selon l'AFP.

Une enquête préliminaire du pôle santé du parquet de Marseille avait été ouverte en mars 2010, parallèlement au retrait du marché de prothèses défectueuses par l'Afssaps, alertée par le nombre anormal de ruptures, et à la mise en liquidation judiciaire de PIP.

Outre le volet "homicide involontaire", un autre volet porte sur les faits de tromperie dont l'entreprise PIP est accusée et sera jugé courant 2012.

En savoir plus :

  • Afssaps
    Numéro Vert : 0800 636 636
    L'Afssaps a réactivé ce numéro Vert pour répondre aux questions des femmes porteuses d'implants mammaires de la société Poly Implant Prothèse (PIP). Il fonctionne du lundi au samedi de 9h à 19h, avec une ouverture exceptionnelle le dimanche 27 novembre 2011 sur les mêmes horaires.

Pourquoi ces prothèses sont-elles défectueuses ?

Elles ont été fabriquées avec un gel de silicone à usage industriel, alors qu'il aurait dû être à usage médical. Début 2010, l’enquête menée par les autorités sanitaires a révélé un taux de rupture anormalement élevé de ces implants, deux fois plus élevé que les autres fabricants. En principe, les prothèses mammaires ont une durée de vie de 10 ans. Là, elles pouvaient se rompre quelques mois après l’implantation. En cause, ce fameux gel industriel. Les expertises ont aussi montré que l’enveloppe de ces implants était poreuse et que le gel pouvait se diffuser dans le corps, même en l’absence de rupture.

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Quels sont les risques pour la santé ?

C’est évidemment la question que se posent les 30 à 40 000 femmes qui portent actuellement ces implants. On sait que le gel frauduleux a un pouvoir irritant, pouvant conduire à des réactions inflammatoires chez certaines patientes. Mais pour l'heure, il est impossible de prouver que ces implants sont responsables de la survenue de cancers du sang, comme le lymphome auquel à succombé cette femme à Marseille.

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Faut-il retirer ces prothèses ?

Pour le Pr. Maurice Mimoun, chirurgien plasticien, "on doit être prudent et toutes les patientes porteuses de ces prothèses PIP doivent se les faire enlever".  Mais aujourd'hui la question des frais d’opération n’est pas totalement résolue.

Nora Berra, secrétaire d'Etat à la Santé, a confirmé, jeudi 24 novembre 2011, le remboursement du retrait de ces implants et la réimplantation d'une nouvelle prothèse dans le cadre d'une reconstruction suite à un cancer du sein. Mais les victimes, regroupées en association, réclament une prise en charge totale couvrant aussi les frais de reconstruction.

Pour le Dr. Dominique Michel Courtois, médecin-expert de l'Association des porteuses de prothèses PIP (P.P.P.) "seulement 30 % des femmes porteuses de ces implants le sont suite à une reconstruction mammaire post-cancer". Il faut donc pour Me Philippe Courtois, avocat de ces associations, un fonds d'indemnisation d'urgence pour permettre aux 30 000 femmes porteuses de ces prothèses de les enlever. 

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Et aussi :

  • Association de défense des porteuses de prothèses de la marque PIP (PPP)

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