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Tuberculose : vers un nouveau vaccin ?

Le vaccin contre la tuberculose (BCG) fait actuellement l'objet de recherches pour créer un nouveau vaccin plus efficace.

Rédigé le , mis à jour le

Retour sur l'histoire du vaccin contre la tuberculose (BCG)

La tuberculose est l'une des dix premières causes de mortalité dans le monde. Chaque jour, près de 5.000 personnes décèdent de cette maladie infectieuse la plus mortelle au monde. Jeudi 22 mars 2018, à l'Institut Pasteur de Lille, des chercheurs ont ré-ouvert des tubes contenant les souches originelles du BCG. Leur objectif : développer une nouvelle version du vaccin.

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Le jour où Calmette et Guérin ont vaincu la tuberculose...

Deux hommes seront à l'origine du vaccin contre la tuberculose : Albert Calmette et Camille Guérin.

Au début du XXe siècle, l'épidémie de la tuberculose fait des ravages. Quand le Dr Albert Calmette arrive à l'Institut Pasteur de Lille, près de 30% des décès dans cette ville sont dus à cette maladie infectieuse.En 1901, Albert Calmette crée le premier dispensaire anti-tuberculeux en France. Avec son élève et son plus proche collaborateur, le vétérinaire Camille Guérin, le médecin cherche à comprendre les mécanismes du bacille de la tuberculose. Ils commencent leurs recherches sur les bovins : "Le Dr Calmette a eu l'idée d'émulsionner ces bactéries qui ont tendance à s'agréger avec de la bile qui disperse les bactéries. En faisant ça, il s'est aperçu par hasard que les bactéries devenaient avirulentes. Cela a permis d'obtenir des souches très stables qu'on appelle aujourd'hui, le BCG, le bacille bilié Calmette et Guérin", explique le Pr Patrick Berche, directeur général de l'Institut Pasteur de Lille.

Le vaccin est créé à partir d'une souche vivante de la tuberculose bovine que les deux chercheurs ont réussi, non seulement à atténuer, mais aussi à stabiliser : "Le mérite de Calmette et Guérin est d'avoir trouvé une bactérie très atténuée qui ne peut pas réverser, qui ne peut pas redevenir virulente, et qui permette de déclencher l'immunité".

Après avoir constaté l'efficacité du vaccin sur les bovins, Calmette et Guérin ont effectué des tests sur l'humain. En 1921, le BCG est administré à un bébé né d'une mère tuberculeuse. Le bébé sera sauvé. Des milliers d'enfants seront par la suite vaccinés avec des résultats spectaculaires.

Les chercheurs travaillent sur les souches originelles

Depuis 1924, des millions de personnes ont été vaccinées contre la tuberculose. Mais au fil du temps, le vaccin est devenu moins efficace. C'est la raison pour laquelle aujourd'hui, les chercheurs reviennent aux origines du bacille en espérant en comprendre le mécanisme. Depuis Albert Calmette, aucun médecin n'avait jamais effectué de recherches sur ces souches.

"On va remettre en culture ces bactéries et on espère pouvoir les revivifier, ce qui n'est pas garanti après un siècle", annonce le Dr Philip Supply, directeur de recherche au CNRS. L'autre objectif de cette ouverture de fiole est de réaliser une analyse génétique : "On va tenter de déterminer quelles ont été les modifications génétiques initiales qui ont mené à l'atténuation de la souche et de mieux comprendre pourquoi les souches actuelles de BCG ne sont plus aussi protectrices en terme vaccinal".

Un vaccin inefficace contre les tuberculoses pulmonaires

Aujourd'hui, le BCG protège contre les formes les plus mortelles de la tuberculose. Mais il est inefficace contre les tuberculoses pulmonaires qui sont les plus fréquentes et contagieuses : "L'objectif final serait à terme de pouvoir construire ou reconstruire un vaccin anti-tuberculose plus proche du vaccin originel avec un bon pouvoir protecteur, bien meilleur que celui des souches actuelles", avance le Dr Supply.

L'enjeu de ces recherches est important. Chaque année, près de 1,7 million de personnes décèdent de la tuberculose dans le monde et un quart de la population mondiale est infecté.

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