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Le paludisme, un fléau planétaire

Le paludisme, ou malaria, est la maladie la plus répandue dans le monde. En 2010, le "palu" a tué environ 650 000 personnes selon les estimations de l'Organisation Mondiale de la Santé. 84 % des décès surviennent en Afrique où chaque minute un enfant meurt du paludisme, mais avec l'augmentation des flux migratoires le palu voyage aussi, et il y a des malades sur tous les continents.

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Le paludisme, un fléau planétaire
Le paludisme, un fléau planétaire
Sommaire

Qu'est-ce que le paludisme ?

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent le paludisme.

Le paludisme est dû à des parasites du genre plasmodium, ils sont au nombre de 4 :

- les plasmodium falciparum (la forme la plus mortelle)
- les plasmodium vivax
- les plasmodium ovale
- les plasmodium malariae

Ce parasite est porté par une espèce de moustique : les Anophèles. Les femelles Anophèles pondent dans des eaux stagnantes (flaques d'eau, marais,...). D'ailleurs, en latin, "palud" signifie "marais". Cela explique la recrudescence de la maladie pendant la saison des pluies.

Le mécanisme du paludisme. Les parasites sont présents dans la salive des moustiques. Les moustiques femelles (les seules qui piquent) contaminent l'homme en le piquant. Après la piqûre du moustique, le parasite entre dans la peau, puis passe dans la circulation sanguine. Il migre ensuite vers le foie. Dans la cellule hépatique, il se divise et donne naissance, en quelques jours, à des milliers de parasites.

Les parasites se retrouvent ensuite de nouveau dans le sang. Ils pénètrent à l'intérieur des globules rouges et se multiplient. Et les globules rouges éclatent à leur tour : les parasites libérés dans la circulation sanguine infectent de nouveaux globules rouges.

Quand un autre moustique encore sain pique à son tour la personne malade pour faire son repas de ce sang humain, il aspire le parasite et il risque ainsi de transmettre la maladie à une autre personne.

Le paludisme, maladie du voyageur

Les symptômes du paludisme apparaissent 9 à 14 jours après la piqûre. Les signes du paludisme sont très caractéristiques. Une forte fièvre survient dix à quinze jours après la piqûre du moustique et revient cycliquement. Elle alterne avec des frissons, des tremblements et de sueurs froides. La fièvre s'accompagne de vomissements, de douleurs dans la tête et les muscles, comme pour une grippe. C'est l'accès palustre.

L'infection évolue rapidement, si elle n'est pas traitée tout de suite. Elle attaque les globules rouges, obstruent les vaisseaux qui amènent le sang au cerveau et aux autres organes vitaux, comme le coeur. Des complications neurologiques peuvent aussi survenir. Elles sont parfois fatales, avec l'apparition d'un coma.

Pour savoir si l'on est infecté par le paludisme, une goutte de sang est prélevée au bout du doigt, ce qui permet de faire deux examens : un frottis sanguin et le test de la "goutte épaisse". Ils étudient le parasite à l'intérieur des globules rouges.

Paludisme : les traitements

La question des traitements est un enjeu majeur mais très complexe. Il n'existe aucun vaccin et les anti-paludéens (qu'ils soient préventifs ou curatifs) ne sont pas efficaces à 100 %. En Afrique, l'accès aux soins est difficile, avec un trafic important de faux médicaments. On meurt donc encore aujourd'hui du paludisme, surtout les enfants. Leur système immunitaire est peu développé et beaucoup d'enfants africains sont déjà affaiblis par la malnutrition.

Les adultes, eux, quand ils ont déjà été très fréquemment exposés au palu, augmentent leur immunité à chaque crise et se mettent dans un état dit de "prémunition" : le parasite reste présent dans leur sang sans que les symptômes ne reviennent.

Jusqu'en 2003, on soignait le paludisme avec des molécules : la quinine et ses dérivés, qui tuent le parasite. Mais ces médicaments ont des effets secondaires importants, et ils perdent une partie de leur efficacité. Le parasite a en effet développé des résistances à ces molécules. Depuis 2003, on a recours à une plante : l'artemisia annua ou armoise annuelle, une plante découverte il y a des siècles par les Chinois.

L'OMS préconise aujourd'hui un traitement à base de plusieurs molécules combinées à l'artemisinine pour éviter de créer de nouvelles résistances. C'est ce qu'on appelle l'ACT, Artemisinin-based combination therapy (associations médicamenteuses comportant de l'artémisinine).

Paludisme : où en est la recherche ?

Pourra-t-on vaincre le paludisme ?

Pour tenter d'éradiquer définitivement le paludisme, la recherche explore plusieurs pistes. Les chercheurs étudient à la fois le parasite, le moustique, les mécanismes de résistance aux molécules des anti-paludéens et de résistance aux produits insecticides, et la mise au point d'un éventuel vaccin.

Ce qui inquiète la communauté scientifique aujourd'hui, c'est que le parasite développe une résistance, même aux traitements les plus récents.

Le meilleur moyen de ne pas tomber malade reste donc de se protéger des moustiques dans les pays à risque : vêtements couvrants, insecticides, et surtout pendant la nuit des moustiquaires imprégnées de produit.

Prévenir le paludisme

Pour les voyageurs, les moyens de prévention sont indispensables : médicaments anti-paludéens contre le parasite, moustiquaire, vêtements longs le soir et sprays répulsifs contre les moustiques. Le traitement est adapté en fonction du pays visité, du risque et de la gravité du paludisme qui y sévit.

Mais ces traitements peuvent eux-mêmes avoir de nombreux effets : des maux de tête ou des diarrhées, une dépression ou l'atteinte du foie et des reins. Les gens qui vivent dans ces zones sur une longue période ne peuvent donc pas prendre d'anti-paludéens sur le long terme et sont particulièrement exposés.

Pour les voyageurs, les mesures de prévention sont essentielles.

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