1. / Maladies
  2. / Maladies infectieuses et tropicales
  3. / Coronavirus

Covid : sursis pour les métropoles malgré l’inquiétude du conseil scientifique

Six métropoles pourraient passer en alerte maximale si aucune amélioration n’est constatée dans les prochains jours. Le conseil scientifique s’inquiète de son côté d’une saturation des hôpitaux et appelle à une réduction des contacts sociaux.    

Rédigé le

Covid : sursis pour les métropoles malgré l’inquiétude du conseil scientifique
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / WorldPictures

Un sursis pour Paris, Toulouse, Lyon, Lille, Saint-Etienne et Grenoble. C’est ce que le gouvernement a accordé jeudi 1er octobre, une semaine après un tour de vis contesté.

En effet, Paris et la petite couronne ont "franchi les trois seuils qui peuvent correspondre à la zone d'alerte maximale", synonyme de restrictions radicales, a annoncé le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Mais ce n’est seulement si ce dépassement se confirme dans les prochains jours que la capitale et sa proche banlieue seront placés en zone d’alerte maximale lundi 5 octobre.

A lire aussi : Covid : "30% d’occupation en réanimation, c’est un vrai signal d’alarme"

Le cap des 32.000 morts franchis

En revanche, Olivier Véran a noté "un début d'embellie sur le plan sanitaire, certes timide", à "Bordeaux, Nice", "et même Marseille". Il faut maintenant attendre de voir si cette tendance à l’amélioration se poursuit.

Mais à l’échelle nationale, les principaux signaux de l'épidémie se maintiennent à un niveau inquiétant. La barre des 32.000 morts depuis le début de l'épidémie a été franchie ces dernières 24 heures et 1.259 malades sont actuellement en réanimation, selon les chiffres de Santé publique France le 1er octobre.

Un ralentissement encore "à portée de main"

Une circulation du virus qui s’accélère depuis début septembre, et qui fait planer la menace d'une saturation du système hospitalier inquiète le conseil scientifique. Dans un avis remis au gouvernement le 22 septembre mais qui n’a été rendu public que le 1er octobre, cette instance affirme qu’un ralentissement "reste à portée de main, mais plus pour très longtemps sans doute".

Réduire les contacts sociaux

Dans ce rapport, le conseil scientifique définit quatre options pour agir, de la plus minimaliste - aucune mesure supplémentaire - à la plus radicale - couvre-feu voire confinement, au moins territorial.

Il se prononce pour la troisième option, "une addition de mesures « modérées », faisant appel à l'adhésion volontaire et, en cas de besoin, à des mesures contraignantes". Cette option appelle à réduire les contacts sociaux "notamment lors de réunions familiales et amicales, qui sont identifiées comme des moments de contamination car la distance physique et le port du masque y sont moins respectés".

De même, dans "les bars et restaurants", identifiés "comme des lieux de contamination", les experts prônent "un respect plus strict des règles de distanciation physique ainsi que l'instauration d'horaires d'ouverture limités".

12.400 nouveaux décès d’ici le 1er novembre ?

Sans ces mesures, l'épidémie de covid pourrait devenir hors de contrôle et nécessiter des mesures plus drastiques.

Ainsi, sans aucune mesure sévère, la France devrait s’attendre selon les projections du conseil scientifique à un débordement des capacités hospitalières dans plusieurs régions dès le 1er novembre. Cette situation s’accompagnerait de 3.800 à 12.400 décès en un mois, et ce sans tenir compte de la surmortalité liée à la saturation des services hospitaliers ni de la mortalité dans les Ehpad.

Couvre-feu et confinement ne sont pas exclus

"A ce stade de l'épidémie, le Conseil scientifique n'envisage pas de proposer l'option 4 (couvre-feu voire confinement, ndlr) au plan national, mais ne peut en exclure son utilisation dans certaines métropoles et bien sûr en cas de dégradation ultérieure", prévient-il toutefois.

Entre la rédaction de l'avis et sa publication, certaines des mesures recommandées ont déjà été prises pour les régions les plus touchées. Une bonne décision, pour le conseil scientifique, qui rappelle que les mettre en œuvre maintenant peut éviter de devoir en prendre des plus radicales par la suite.

"Tout retard se traduirait par la nécessité, pour produire les mêmes effets, de mesures ultérieures plus fortes et de plus longue durée que celles qui auraient été prises plus tôt", souligne-t-il ainsi.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr