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Hépatites virales : prévenir, dépister, soigner

Les hépatites B et C peuvent être la cause de cirrhoses et de cancers du foie potentiellement mortels. A l’occasion de la Journée nationale de lutte contre les hépatites virales, l'Institut de Veille Sanitaire (InVS) dresse un bilan des infections sur le territoire français.

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Entretien avec le Pr Victor De Ledinghen, hépatologue

Selon l'Institut de Veille sanitaire, la France est aujourd’hui l’un des pays "où les taux de dépistage des infections aux virus responsables des hépatites B et C sont les plus forts", et "le nombre de patients traités le plus élevé".

Il existe un vaccin contre l'hépatite B mais pas contre l'hépatite C. Cette dernière est encore responsable de 3.500 décès par an, en France.

Sur 230.000 adultes infectés de façon chronique par le virus de l'hépatite C (VHC) en 2014 sur le territoire français, environ 75.000 personnes ne seraient pas diagnostiquées, selon une étude de l'InVS publiée ce 2 juin dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Il y a dix ans, le nombre d’infections était équivalent, mais le nombre d’adultes non dépistés était 33% supérieur.

L'hépatite B touche quant à elle environ 300.000 personnes en France. Ce chiffre a doublé en une dizaine d'années, avec 1.000 nouveaux cas par an.

L'an dernier, un rapport ministériel sur la prise en charge des hépatites B et C préconisait d'élargir leur dépistage en proposant systématiquement le test pour ces deux hépatites (ainsi que pour le VIH) aux  hommes âgés de 18 à 60 ans, au moins une fois au cours de leur vie.

Améliorer de l’identification des malades de l’hépatite C fait d’autant plus sens que des traitements courts, efficaces à 95% contre cette maladie, sont récemment arrivés sur le marché. Selon un rapport de l’Association française pour l'étude du foie (AFEF) publié ce 30 mai, l’éradication de la maladie sur le territoire pourrait être envisagée à horizon de dix ans, si les infections étaient jugulées et les patients traités.

Des médicaments encore coûteux

La panoplie des nouveaux médicaments disponibles en France, des antiviraux d'action directe (AAD), parmi lesquels le Solvadi®, ne cesse de s'agrandir. Au nombre de sept actuellement, ils pourraient être au nombre de onze en 2016, avec l’arrivée de molécules développées par les laboratoires Merck, BMS et Gilead.

En 2014, 14.000 patients ont été traités grâce à ces nouvelles molécules. Ce chiffre devrait dépasser les 15.000 en 2015. Un écueil important subsiste toutefois : le coût des médicaments. En France, les trois mois de traitements au Sovaldi® coûte en effet 41.000 euros.

Début avril, une étude sur des souris publiée la revue médicale Science Translational Medicine a fait naître un nouvel espoir pour permettre de lutter contre la maladie à une plus grande échelle. Selon les données présentées par les chercheurs, un antihistaminique très bon marché (la chlorcyclizine HCl, qui coûte 50 centimes le comprimé) présenterait un potentiel très élevé pour endiguer l'infection chez l'animal. Des essais cliniques sur l'homme sont d'ores et déjà envisagés par les auteurs de ces travaux.

Source : Estimation du nombre de personnes non diagnostiquées pour une hépatite C chronique en France en 2014. Implications pour des recommandations de dépistage élargi. C. Brouard et coll. BEH, 2 juin 2015.

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