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Se coucher, passer, suivre... : l'addiction au poker

Quinte flush, brelan, full ou tapis... Autant de mots familiers pour les accros du poker. 500.000 joueurs réguliers en 2007, sans doute quatre fois plus en 2012. Mais qu’est ce qui fait que l’on glisse du plaisir de jouer à la nécessité de jouer ? A partir de quand parle-t-on de joueur pathologique ? Pourquoi le poker en ligne est-il un jeu à hauts risques ?

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Se coucher, passer, suivre... : l'addiction au poker
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Pokermania

La récente vague de poker s’explique principalement par l’essor des jeux sur Internet. Non seulement le nombre de joueurs en ligne a augmenté, mais la clientèle s’est également élargie. Elle touche des personnes de 15 à 34 ans, sans distinction de sexe, ni de couche sociale. Attirés par le goût de l'interdit, ces nouveaux accros jouent en cachette et commencent par des sites qui proposent des mises virtuelles entre internautes. Mais rapidement, ils se retrouvent sur des sites de poker avec des sommes bien réelles.

Selon une étude de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et de l'Observatoire des jeux (ODJ), publiée le 12 février 2014, sur le site de l'ODJ, les joueurs de poker en ligne ont des pratiques de jeu plus "à risque" - en termes de fréquence de jeu ou de dépenses - que les autres joueurs en ligne. 42,7 % des joueurs de poker rejouent pour "se refaire" (26,8 % pour les autres joueurs) et 17,4 % des joueurs de poker misent plus d'argent que prévu (14,7 %).

Près d'un quart des joueurs de poker (23,5 %) misent sur des sites illégaux contre 8,9 % pour les parieurs hippiques et 4,5 % pour les parieurs sportifs, d'après cette même étude.

 Malgré l'interdiction, en France, de miser de l'argent en ligne quel que soit l'âge du joueur, les sites ont trouvé l'astuce. Ils s'installent là où ils n'ont rien à craindre : dans des paradis fiscaux comme Gibraltar ou Malte.

Le mécanisme de la dépendance

Le cercle infernal de la dépendance

C'est l'aspect tactique du poker qui séduit. Ruser, calculer des probabilités, maîtriser l'art d'interpréter l'attitude de l'autre... Sans oublier la tension engendrée par le jeu et la montée d'adrénaline qui cristallisent le sentiment de puissance.

Dopamine. Comme tous les jeux, le poker crée une dépendance comportementale. En France, on compterait environ 5 % de joueurs pathologiques, tous jeux confondus. La dépendance au poker s'explique en partie parce que ce jeu procure une satisfaction immédiate. Notre cerveau y est très sensible, car il renferme des circuits nerveux dont le rôle est de récompenser nos fonctions. Pour cela, il libère une substance qui va procurer du plaisir : la dopamine. Le poker stimule ce circuit et la recherche de cette sensation de satisfaction pousse le joueur à renouveler l'expérience.

Compulsion. Toutefois, au fil des parties de poker, ce circuit se dérègle, la satisfaction s'amoindrit et les cartes deviennent une obsession. Le joueur consacre de plus en plus de temps au jeu, il oublie tout ce qui l'entoure, ment à son entourage, devient agressif et s'isole. En dépit des efforts pour y échapper, l'envie de jouer devient irrépressible, on dit qu'il devient "compulsif". Des heures d'ivresse qui finissent par plonger certains joueurs dans un véritable enfer.

C’est ce qu’a vécu Alex, 33 ans. Ancien joueur dépendant, il a perdu 100 000 euros et a failli détruire sa vie de famille...

Addiction au poker : mesures de prévention

Repérer les premiers signes de la dépendance au jeu

Depuis mai 2007, l'ensemble des personnels de casino est dans l'obligation de suivre un stage de sensibilisation à la dépendance au jeu. L’objectif pour les croupiers est de pouvoir détecter autour des tables les joueurs pathologiques, mais également de se prémunir eux-mêmes contre d’éventuels comportements compulsifs. Car les établissements de jeu préfèrent avoir des clients fidèles à long terme que des joueurs compulsifs qui perdent gros mais qui finissent par disparaître.

Comment se déroulent ces séances de sensibilisation ? Comment doivent réagir les croupiers face à des joueurs de poker pathologiques ? Et comment doivent-ils eux-mêmes gérer leur passion pour ce jeu ?

Dépendance aux jeux : obtenir de l'aide pour s'en sortir

  • SOS Joueurs
    SOS  Joueurs a un double objectif : la prévention et l'aide.Elle intervient auprès des pouvoirs publics afin de faire remonter les risques d’addiction et les difficultés rencontrées par les joueurs et leur famille.Elle aide les joueurs et leur entourage sur le plan psychologique (soutien moral, conseils, aide à l’arrêt de jeu), social (problèmes financiers), et juridique (si besoin).

    Si vous sentez que vous jouez plus souvent et des sommes plus importantes, que vous n’arrivez pas à diminuer ou arrêter de jouer, n’hésitez pas à composer le : 0810 600 115.