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Chez certains patients, les traitements contre Parkinson déclencheraient des conduites addictives

Les effets secondaires des médicaments mimant l'action de la dopamine peuvent se caractériser par des troubles du comportement, dont une hyperactivité sexuelle et une dépendance aux jeux.

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Chez certains patients, les traitements contre Parkinson déclencheraient des conduites addictives
Parmi les effets indésirables du traitement, les chercheurs évoquent une dépendance aux jeux. © Jamie McCaffrey on VisualHunt.com  

Certains patients traités contre la maladie de Parkinson "vont se ruiner au casino, se lever la nuit pour vider leur frigo, ou avoir une sexualité débordante. Ils vont par exemple être arrêtés pour exhibitionnisme ou divorcer parce qu'ils ont multiplié les conquêtes", a déclaré à l'AFP le Pr Jean-Christophe Corvol, neurologue à la Pitié-Salpétrière. Selon une étude de l’Inserm publiée dans la revue Neurology le 20 juin, les traitements contre Parkinson ont des effets secondaires très particuliers. Les médicaments synthétiques imitant l'action de la dopamine sont en première ligne. Parmi ces effets indésirables : des troubles alimentaires, une hyperactivité sexuelle ou une dépendance aux jeux. Les chercheurs, qui ont étudié 411 patients français pendant 5 ans, ont observé le développement de ce type de troubles chez 46% des patients traités.

Deux types de traitements existent pour soigner la maladie de Parkinson : la L-dopa (une substance naturelle, précurseur de la dopamine) et les agonistes dopaminergiques (médicaments synthétiques qui miment l’action de la dopamine). Ce sont les seconds qui sont à l’origine des effets secondaires décrits par l’Inserm.

"Un patient qui avait beaucoup d'argent avait acheté quatre Porsche d'un coup"

"Ils vont se mettre à acheter des voitures de luxe. Un patient qui avait beaucoup d'argent disait qu'il avait acheté une Porsche, et sa femme corrigeait : non, tu en as acheté quatre d'un coup", raconte le Pr Corvol. L’étude montre en outre que ces effets secondaires augmentent avec la dose et la durée du traitement. Mais ils disparaissent dès qu'on l’arrête, précise le Pr Corvol. Ces troubles avaient déjà été documentés, mais c’est la première fois que le suivi des patients est aussi long – et que l’incidence des effets indésirables est aussi élevée.

Les chercheurs espèrent que leurs travaux permettront une meilleure information des patients et de leurs proches. "L'entourage ne s'en rend pas compte au départ, alors que quand on prévient le couple, par exemple, il y a une vigilance", note le Pr Corvol. En 2015, 160 000 personnes étaient traitées contre Parkinson en France, selon Santé Publique France. La maladie se traduit notamment par des tremblements et des raideurs provoqués par la perte des neurones secrétant la dopamine.

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