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Alzheimer : vers la fin du remboursement des médicaments

Depuis plus de dix ans, la Haute Autorité de Santé (HAS) juge les médicaments contre la maladie d'Alzheimer inefficaces. Ils pourraient même être dangereux selon certains experts.  

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Alzheimer : vers la fin du remboursement des médicaments

En 2015, 90 millions d’euros étaient consacrés au remboursement des traitements contre la maladie d'Alzheimer. Censés améliorer les troubles cognitifs et comportementaux liés à cette maladie, Agnès Buzyn vient d'annoncer le fin de leur remboursement. Près d’un million de Français sont atteints de la maladie d’Alzheimer et de nombreux malades reçoivent encore l’un des quatre médicaments mis sur la sellette par le ministère de la santé.

 

Des traitements inefficaces voire même dangereux

Des études scientifiques le confirment, ces médicaments seraient inefficaces, mais en plus, ils dégraderaient  l’état de santé des patients.

« On s’est rendu compte que ces médicaments avaient une vraie toxicité, qu’ils étaient responsables d’une surmortalité cardio vasculaire dans deux études de longue durée. Et que dès lors qu’ils sont prescrits à des patients âgés qui ont par ailleurs plein d’autres médicaments pour d’autres maladies, on observe un très haut risque cardiovasculaire.  Il y aurait probablement un nombre non négligeable de patients qui sont décédés à cause de ces interactions médicamenteuses. », explique le Professeur Olivier Saint-Jean, Chef du service de gériatrie de l'Hôpital Européen Georges Pompidou à Paris.

Un guide pour une meilleure prise en charge

La Haute Autorité de Santé (HAS) vient de publier un guide qui doit permettre d’améliorer le diagnostic et la prise en charge de la maladie, en insistant sur les soins qui ont prouvé leur efficacité comme les séances d’orthophonie par exemple qui peuvent sauvegarder ou réparer certains troubles de la communication.  « Travailler sur l’utilisation optimale des capacités restantes va permettre de stabiliser les difficultés cognitives du patient. C’est l’idée que notre cerveau a une forme de plasticité qui perdure malgré le déclin cognitif et qu’on peut améliorer le fonctionnement du cerveau par ces prises en charge comme l’orthophonie en ville et qui concerne tous les métiers de la réadaptation intellectuelle », ajoute le Pr Olivier Saint-Jean.

Un décret ministériel mettant fin au remboursement de ces médicaments devrait être publié cette semaine. Les autorités en attendent un double bénéfice, d’abord pour la santé des patients mais aussi pour la santé économique de l’assurance maladie qui économisera 90 millions d’euros par an.

 

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