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AVC : la plasticité cérébrale, késako ?

Notre cerveau est régi par une centaine de milliards de neurones reliés entre eux par des axones. Mais qu'est-ce que la plasticité cérébrale ? Les explications avec Benoît Thevenet.

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AVC : la plasticité cérébrale, késako ?

Pour mieux comprendre la plasticité cérébrale, il faut prendre l'image d'une carte, où les villes et les villages seraient les corps des neurones, et les routes qui les relient, leurs prolongements.

Plus une information, un souvenir, sont utilisés souvent, plus ils sont récupérés rapidement par nos neurones. Notre cerveau connaît le chemin. Imaginons que c'est à Lyon et ses alentours que sont stockés les prénoms de nos proches, et qu'autour d'Avignon se situent nos capacités de parole. Retrouver le prénom de notre conjoint ne prend pas de temps, notre cerveau prend l'autoroute, ça va très vite. Mais retrouver le prénom de notre arrière-grand-père est peut-être moins automatique. Les routes qui permettent d'accéder à l'information, nous les fréquentons moins souvent et on met un peu de temps à reconnecter les différents neurones qui permettent d'accéder à ce souvenir.

Imaginons maintenant qu'un cyclone - l'AVC - anéantisse tous ces neurones reliés les uns aux autres dans cette région. Il va alors falloir que nous trouvions d'autres façons de connecter entre elles des zones désormais moins bien desservies.

Pour retrouver les mots ou les gestes pourtant évidents que l'on cherchait auparavant, il va falloir prendre d'autres chemins. En quelques sortes, un itinéraire bis si le cyclone n'a détruit que l'autoroute, ou de toutes petites routes départementales, et même des chemins vicinaux s'il faut contourner une large zone. Nos pensées vont se perdre, il faudra faire demi-tour, réessayer encore, se perdre à nouveau, tracer même sa propre route à travers les montagnes pour trouver enfin le chemin vers l'information que l'on cherchait. Tout ce temps sera celui de la rééducation, des mots qui reviennent tout doucement, parfois par bribe, des gestes qu'on réapprend… Ce sont autant de cols à passer, de virages en épingle à enchaîner, de manœuvres compliquées à entreprendre, de routes à mémoriser…

Des efforts épuisants pour le cerveau, d'où la fatigue des patients qui durant des mois créent une nouvelle topographie cérébrale.

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