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Autisme : plus de risques pour les prématurés

D'après une étude américaine parue dans la revue Pediatrics, les enfants nés prématurément auraient cinq fois plus de risques de souffrir d'autisme que ceux d'un poids normal nés à terme.

Rédigé le , mis à jour le

Autisme : plus de risques pour les prématurés
Autisme : plus de risques pour les prématurés

En France, un enfant sur 150 naît autiste et 643 000 personnes sont concernées par la maladie. Ce trouble mental qui se traduit par une absence de communication avec les autres et un retard de développement, est en constante augmentation. C'est pour comprendre cette évolution que de nombreux scientifiques se sont penchés sur les mécanismes pouvant être à l'origine de ce désordre du comportement.

5 % d'enfants autistes parmi 862 bébés prématurés

L'enquête du Dr Jennifer Pinto-Martin, directrice du Centre de recherche sur l'autisme de l'Université de Pennsylvanie, et de son équipe a porté sur le lien entre l'autisme et la prématurité. Les chercheurs ont ainsi suivi jusqu'à leur 21 ans, 862 enfants nés entre septembre 1984 et juillet 1987 et pesant de 500 grammes à 2 kilos à la naissance.

Il apparaît que 5 % de ces enfants souffraient d'autisme, contre 1 % dans la population en général, soit cinq fois plus.

Dépister le plus tôt possible

Alors que le lien entre un poids faible à la naissance et un ensemble de problèmes cognitifs était déjà établi, c'est la première fois qu'une recherche démontre qu'un poids trop faible à la naissance pourrait être facteur de risque d'autisme.

Pour éviter de passer à côté d'un tel diagnostic, le Dr Pinto-Martin, principale auteure de l'étude recommande de dépister très tôt les symptômes de l'autisme. Le mutisme, l'indifférence aux autres, le langage inhabituel, les comportements répétitifs de l'enfant (comme l'agitation des mains), le balancement du corps, un désintérêt pour l'environnement sont autant de signes qui peuvent alerter.

Une vigilance accrue

Selon le Dr Nadia Chabane, pédopsychiatre à l'hôpital Robert Debré, les médecins étaient déjà "attentifs aux facteurs de risque comme les infections pendant la grossesse, la prise de médicaments, la souffrance fœtale ou la prématurité dans la survenue de l'autisme. Cette étude nous ouvre les yeux sur une vigilance accrue des grands prématurés". "Avant on regardait surtout le retard de développement, maintenant il va falloir s'arrêter sur les signes de communication", explique cette spécialiste de l'autisme.

Les chercheurs américains à l'origine de cette étude devraient bientôt étudier les liens potentiels entre l'autisme et des hémorragies dans le cerveau, une complication fréquente chez les enfants prématurés. 

Source : "Prevalence of Autism Spectrum Disorder in Adolescents Born Weighing <2000 Grams",
Pediatrics, 17 octobre 2011

 

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