Photos des expériences du Dr Rich Davis postées sur son compte Twitter.
Photos des expériences du Dr Rich Davis postées sur son compte Twitter. Crédits Photo : Capture écran du compte Twitter Rich Davis, PhD, D(ABMM), MLS @richdavisphd

Coronavirus : un microbiologiste montre en images l’utilité du masque

Le docteur Rich Davis, microbiologiste américain, démontre de façon très visuelle l’importance du port du masque et de la distance sociale avec des boîtes de culture bactérienne.

La rédaction d'AlloDocteurs
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"A quoi sert un masque ?" Alors que son usage est vivement recommandé contre le Covid-19, le masque est encore souvent délaissé. Pour prouver son importance, le docteur Rich Davis, directeur du laboratoire de microbiologie clinique du Providence Sacred Heart Medical Center à Spokane (États-Unis) a réalisé une expérience très visuelle.

Et les résultats de sa démonstration ont séduit les internautes : son premier tweet posté le 26 juin compte déjà plus de 315.000 "likes" et 188.000 "retweets".

Éternuer, chanter, parler, tousser

Pour son expérience, le microbiologiste a utilisé des boîtes de culture de bactéries, appelées "boîtes de Pétri". Elles contiennent un milieu de culture gélatineux, à base d’agar-agar, auquel sont ajoutés des nutriments qui favorisent la croissance bactérienne.

Dans un premier test, le scientifique a "éternué, chanté, parlé et toussé" en direction d’une boîte de Pétri, avec ou sans masque chirurgical. Quand une bactérie contenue dans les gouttelettes projetées par l’une de ces actions atterrit sur le milieu de culture, elle va se multiplier. La colonie de bactéries alors créée apparaît à l’œil nu sous forme de petits grains de couleur grise. Résultat : dans les quatre situations, le masque a bloqué quasiment toutes les bactéries.

A gauche : sans masque ; à droite : avec un masque chirurgical. De haut en bas : les bactéries issues des gouttelettes respiratoires émises par le fait d'éternuer, de chanter pendant une minute, de parler pendant une minute et de tousser deux fois.

Masque et distance, deux armes qui vont de pair

Dans un second temps, Rich Davis a voulu tester l’effet de la distance sur cette propagation. "J’ai placé des boîtes de Pétri ouvertes à 2, 4 et 6 pieds de distance (environ 61 cm, 1m22 et 1m83, ndlr) et j’ai toussé fort pendant 15 secondes. J’ai répété cela sans masque" explique-t-il dans son tweet. "Comme le montre le nombre de colonies de bactéries, les gouttelettes ont surtout atterri à moins de 1,83 mètre, mais un masque les a presque toutes bloquées" conclut-il.

A gauche : avec un masque chirurgical ; à droite : sans masque. De haut en bas : les bactéries issues des gouttelettes respiratoires émises par 15 secondes de toux et récupérées à 2, 4 et 6 pieds (environ 61cm, 1m22 et 1m83).

Les virus iraient encore plus loin que les bactéries

Mais ces expériences sur la propagation des bactéries sont-elles applicables au virus ? "Les bactéries sont incroyablement différentes des virus !" reconnaît le scientifique. "Mais comme nous nous attendons à ce que ce soient les gouttelettes respiratoires qui répandent principalement le coronavirus, j'exploite la présence de bactéries (faciles à cultiver et à visualiser) dans les gouttelettes respiratoires, pour montrer où elles vont" justifie-t-il. Autrement dit, ces bactéries fonctionnent comme des indicateurs des possibles trajets des virus respiratoires.

Le résultat serait donc le même avec le virus du SARS-Cov-2… voire pire ! "Il est probable que de plus petites gouttelettes aérosolisées (qui pourraient être porteuses de virus comme le Sars-Cov-2) sont également produites par la toux, les éternuements, etc. et que celles-ci voyageraient plus loin et resteraient dans l'air plus longtemps que les grosses gouttelettes respiratoires" explique encore le docteur Davis.

Il ne s’agit pas ici d’une démonstration scientifique sur la propagation des virus ou des bactéries mais d’une simple expérience visuelle, avertit de lui-même le docteur Davis sur le réseau social. Une façon pédagogique pour lui de bien faire comprendre l’intérêt du masque auprès de ses concitoyens, dans le pays le plus sévèrement touché par l’épidémie de coronavirus.