Ch@t : L'endométriose
Ch@t du 28 avril 2010 Avec les réponses du Pr. Patrick Medelenat, gynécologue-obstétricien, du Dr Christian Jamin, gynécologue-endocrinologue et du Dr Charlotte Tourmente.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Les réponses du Pr. Patrick Medelenat, gynécologue-obstétricien
Une nouvelle intervention n'est pas indispensable. Elle n'est justifiée que si les douleurs ont récidivé et sont très invalidantes, il est toujours possible d'envisager un traitement d'épreuve sur 3 à 4 mois et n'envisager l'intervention qu'en cas d'échec.
L'interrogatoire et l'examen clinique sont essentiels. Pour l'imagerie, l'IRM est le meilleur examen mais l'échographie bien faite est souvent intéressante.
Hypothèse très peu probable. L'endométriose s'arrête habituellement à la ménopause.
L'hystérographie n'est pas un bon examen pour diagnostiquer l'endométriose. L'IRM est plus performante.
Le risque d'une endométriose débutante est élevé dans cette situation. L'IRM est légitime dans un centre de référence.
Je ne vois pas beaucoup d'autres solutions qu'une intervention.
Il faut freiner le fonctionnement ovarien après l'accouchement. La pilule en continu peut être une bonne solution.
Même dans les formes les plus sévères de la maladie, la guérison est possible mais la prise en charge doit se faire en centre spécialisé.
Le risque d'une endométriose est de 50 % dans ce cas. Commencez par une échographie puis une IRM si elle est négative.
Non seulement l'endométriose ne l'empêche pas mais elle est même une bonne solution.
L'endométriose s'accompagne d'une Hypofertilité dans 30 % des cas. La prise en charge par AMP est à l'origine de très nombreux succès.
C'est très possible, faites-vous examiner par un spécialiste de la maladie. Une échographie est nécessaire avec dosage du Ca125.
Un médecin spécialiste de la reproduction un choisira entre la stimulation ovarienne ou la fécondation in vitro.
Je ne comprends pas. L'échec des traitements médicaux rend légitime la cœlioscopie.
Le risque d'hypofertilité ne doit être évoqué qu'après 6 à 12 mois de tentatives de grossesses. Il n'y a pas de traitement standard pour être enceinte. Il faut faire un bilan complet de l'endométriose et de la fertilité conjugale.
Non.
Le Ca125 normal est inférieur à 35 unités. D'autres causes que l'endométriose peuvent l'élever.
Consultez le site ENDOFRANCE.
Malheureusement oui. Si le doute existe une IRM est légitime dans un centre de référence.
Oui, un élément en faveur est la survenue des signes digestifs en période de règles.
De nouveaux médicaments vont apparaître à brève échéance, dont un nouveau progestatif: le Dienogest.
L'endométriose a un certain caractère familial. Le risque d'être atteinte est plus grand lorsque d'autres cas existent dans la famille. Toutefois ont peut même dans ce cas ne pas être atteinte.
Plutôt pendant les règles.
Si les ovaires ont été enlevés, la guérison est certaine. Toutefois la prescription d'hormones pour ménopause peut réactiver certains foyers.
Je ne suis pas d'accord, la coelichirurgie est le meilleur traitement de l'endométriose. La laparotomie ne doit être pratiquée que dans quelques cas d'impossibilité à la coelio.
Une IRM est nécessaire pour rechercher une adénomyose associée aux lésions recto vaginales. La chirurgie peut être la solution.
Evidemment. L'endométriose n'est pas un obstacle.
Au moins autant voire plus s'il faut réséquer le sigmoïde.
L'adénomyose est très peu sensible aux traitements hormonaux. Lorsqu'elle est limitée la conservation partielle de l'utérus est possible. Lorsqu'elle est diffuse l'hystérectomie est souvent nécessaire. Une tentative de stérilet aux hormones pourrait être intéressante.
Non absolument pas, du moins dans la réalité d'aujourd'hui.
L'enantone est un analogue de la LHRH. Il y a plusieurs médicaments dans cette famille (décapeptyl)
L'adénomyose est caractérisée par la présence des lésions endométriosiques dans la paroi de l'utérus.
Hélas oui ce n'est pas impossible.
Aucun rapport entre l'endométriose et les mycoses.
Les symptômes de l'adénomyose sont : des règles douloureuses et abondantes associées à une hypertrophie de l'utérus. Le diagnostique repose sur l'IRM.
Les adhérences pelviennes sont fréquentes dans l'endométriose, et après les interventions chirurgicales. Le risque est donc important dans ce cas.
L'utérus adénomyosique diminue relativement les chances d'implantations embryonnaires.
Les douleurs pendant les rapports sont souvent la conséquence de lésions de la cloison recto vaginale. Deux solutions : bloquer l'ovaire par un traitement hormonal ou opérer par cœlioscopie.
Le péritoine porteur des lésions est enlevé pendant l'intervention coelioscopique mais il faut que les lésions ne soient pas trop étendues.
Oui en particulier si les césariennes sont répétitives. Le risque est à l'adénomyose et à l'endométriose un cul de sac vésico utérin.
Lorsque la rétroversion utérine est FIXEE (examen du gynécologue) l'hypothèse d'une endométriose de la cloison recto vaginale est probable.
Oui, presque tous. On a décrit des endométrioses pulmonaires voire cérébrales. Il y a eu des cas d'endométriose chez l'homme !
Ce n'est pas la circonstance la plus fréquente mais c'est possible.
A priori non.
S'il n'y a pas de symptômes on peut imaginer de ne pas traiter ? Le risque théorique est alors à l'aggravation des lésions.
Le signe habituel est la survenue d'un pneumothorax en période de règles.
Si votre âge le permet l'hystérectomie peut être une bonne solution en enlevant toutefois toutes les liaisons endométriosiques péri utérines. La question posée est d'associer l'ablation des ovaires.
Non, l'endométriose reste une maladie bénigne même si elle est invalidante. Il n'y a pas de risque vital en dehors d'une éventuelle complication grave d'une chirurgie, mais c'est rarissime.
Moins une endométriosique a de règles, mieux elle se porte. La pilule en continu est une bonne solution au long cours.
Oui c'est possible, surtout s'ils surviennent juste avant ou après les règles, mais il y a d'autres causes possibles.
Les kystes ovariens perturbant l'ovulation, les adhérences entre les différents organes génitaux, les sécrétions de substances toxiques par les foyers endométriosiques... mais aussi l'impossibilité d'avoir des rapports.
Tout le problème de l'endométriose tient à la balance bénéfices/effets secondaires des traitements...
A priori non.
Oui en théorie puisque l'allaitement bloque le fonctionnement ovarien.
La présomption d'une endométriose est importante dans ce cas. Faire une IRM.
A priori non.
A priori non.
Consultez en assistance médicale à la procréation (fécondation in vitro possible).
La relation entre l'endométriose et le nerf pudendal est exceptionnelle.
Il n'y a pas de pilule miracle, l'effet antalgique des pilules est très variable d'une femme à l'autre. A chacune de trouver celle qui lui convient le mieux.
A mon avis cette attitude est risquée, la crainte de voir l'endométriose s'aggraver peut compliquer la prise en charge si les douleurs devenaient franchement insupportables.
Les antidépresseurs ne sont pas le traitement de l'endométriose même si l'ont peut comprendre les raisons qui poussent les patientes à les prendre.
On peut utiliser les antalgiques majeurs de type pseudo morphiniques, mais l'alternative est représentée par les traitements freinant l'ovaire (pilules, progestatifs, analogues de la LHRH)
Oui, mais la présomption est plus importante si ces phénomènes sont majorés pendant les règles.
L'endométriose est la première cause à évoquer.
Il n' y a pas de délais d'attente, il faut essayer d'être enceinte le plus vite possible et consulter si le résultat n'est pas obtenu au bout de 8 à 12 mois.
Les réponses du Dr Christian Jamin, gynécologue-endocrinologue
On donne en général des traitements qui visent à mettre l'ovaire au repos pendant maximum 6 mois. Il ne s'agit pas de ménopause. Une tentative de grossesse peut avoir lieu dès l'arrêt du traitement qui d'ailleurs est plus pour améliorer les symptômes que de favoriser une grossesse ultérieure.
La ménopause du fait que l'ovaire ne sécrète plus d'oestrogènes améliore l'immense majorité des endométrioses et représente souvent une délivrance pour les femmes qui en sont atteintes. Il existe des cas très exceptionnels de persistance après la ménopause qui nécessite alors une prise en charge par un praticien ultra spécialisé.
En général, l'ablation des ovaires met l'endométriose au repos et la surveillance utérine n'est pas nécessaire, cependant avoir une ménopause chirurgicale chez une femme jeune (je ne connais pas votre âge) n'est pas sans inconvénient et nécessite souvent une prise en charge médicale qui peut être difficile et confiée à un médecin connaissant bien la maladie.
Les règles douloureuses sont quasi "physiologiques" en post pubertaire et bien calmées par les anti-inflammatoires ou la pilule. Seules certaines de ces femmes atteintes ont des endométrioses et ça n'est souvent que l'évolution qui permet de faire la différence entre ces douleurs (normales) et un début d'endométriose. En revanche, des douleurs de règles qui persistent longtemps après les premières règles sont plus suspectes.
Il n'y a aucun rapport entre l'endométriose et les fausses couches.
Ce qui caractérise les douleurs de l'endométriose, c'est leur concomitance avec les règles, ce qui ne signifie pas que les douleurs peuvent aussi survenir en dehors des règles. En cas de doute, il faut faire appel à l'échographie et éventuellement à l'IRM avec un dosage plasmatique de CA125. Le diagnostic d'endométriose est souvent difficile et nécessite parfois d'aller jusqu'à la coelioscopie mais il ne doit s'agir que d'un dernier recours.
Il est bien trop tôt pour envisager une hystérectomie à 32 ans. Il y a toujours un traitement médical plus ou moins simple qui pourrait vous soulager. Après échec des traitements classiques, il faut parfois faire appel à des centres ultra spécialisés.
Les douleurs lors des rapports au fond du vagin et non pas à l'entrée sont un signe d'une pathologie gynécologique. L'endométriose en est une cause fréquente.
Vous trouverez la réponse sur le site Endofrance.
Il est vrai que l'existence d'une endométriose peut entrainer des difficultés à obtenir une grossesse mais ceci est très loin d'être obligatoire et il n'existe pas de parallélisme en l'importance de l'endométriose et la fertilité. Le meilleur moyen de savoir est d'essayer.
Il faut d'abord faire un diagnostic et ce n'est que le traitement de la cause qui vous délivrera de ce problème. Seules les douleurs du fond évoquent une endométriose.
La mise au repose de l'ovaire par les traitements médicaux est souvent utilisée en post chirurgie pour parfaire l'efficacité de l'intervention. C'est l'intervention qui favorise les grossesses et pas le traitement. L'infertilité lors d'une endométriose est loin d'être la règle. Le meilleur moyen est de tenter votre chance et ce n'est qu'en cas d'échec qu'il faudra passer à l'aide à la procréation.
Les traitements qui "mettent en ménopause" ne doivent être utilisés que sur de courtes périodes, jamais plus de 6 mois. Ils sont toujours réversibles à l'arrêt.
Il peut y avoir une amélioration de l'adénomyose avec les traitements médicaux en particulier le port d'un stérilet aux progestatifs (mirena) qui ne guérit pas la maladie mais permet souvent d'atteindre la ménopause qui éteindra l'adénomyose.
Il y a parfois des traitements très spéciaux qui permettent de prolonger l'utilisation de ces ménopauses artificielles mais il s'agit de cas très exceptionnels dont je ne peux juger sur un chat.
L'endométriose en gène pas la pose d'un stérilet.
Il n'y a aucun inconvénient connu à prendre la pilule en continu. Il peut même s'agir d'un bon traitement pour l'endométriose. Le seul ennui est la survenue souvent inopinée de saignements pas toujours facile à gérer.
Il n'est pas impossible que les stimulations aient un petit effet de réveil de l'endométriose mais ceci reste très execptionnel et le plus souvent sans conséquences.
Pas de rapport entre endométriose et leiomyomatose, en revanche, faire la différence entre adénomyose et leiomyomatose est souvent très difficile. Le traitement commun peut être soit de poser un stérilet à la progestérone soit avoir recours à l'hystérectomie et le diagnostic entre les deux se fait alors par l'analyse des tissus.
Les douleurs peuvent survenir un tout petit peu avant les saignements mais lorsque les douleurs précèdent franchement les règles il vaut mieux rechercher autre chose en particulier les kystes de l'ovaire, sachant que dans l'endométriose il eut y avoir aussi des douleurs en dehors des règles.
Ni les kystes d'ovulation, ni la diminution du volume des règles n'évoquent l'endométriose, en revanche des douleurs au niveau du rectum peuvent elles être évocatrices. Posez la question à votre gynécologue qui lancera les explorations nécessaires.
Comme d'autres progestatifs, ils peuvent être de bons traitements de l'endométriose.
Les complications de l'endométriose pelvienne sont les douleurs en particulier lors des règles et des rapports sexuels et parfois une diminution de la fertilité.
Adressez vous à Endofrance qui se renseignera et répondra à votre réponse, je ne peux pour des raisons éthiques vous répondre.
Il existe des cas très exceptionnels d'endométriose pulmonaire ou même cérébrale. L'explication est mystérieuse.
Les analogues de la LHRH ne sont pas des traitements de routine de l'endométriose, ni de fond. Leur utilisation ne doit pas dépasser 6 mois et il n'est pas certain qu'il favorise les grossesses. il existe d'autres traitements médicaux qui peuvent être utilisé pendant de longues années.
Les analogues de la LHRH entrainent une déprivation profonde en oestrogènes qui peut donner des bouffées de chaleur, une sécheresse vaginale et une ostéoporose, c'est la raison pour laquelle leur utilisation est limitée à 6 mois.
Non en aucune façon.
Les endométrioses extra pelviennes sont rarissimes, c'est la raison pour laquelle on en parle peu.
La prise en charge de l'endométriose est parfois très compliquée et on peut être amené après 40 ans à proposer une chirurgie radicale, ne connaissant pas votre dossier, je ne peux vous en dire plus.
Les douleurs lors des rapports qui évoquent l'endométriose sont des douleurs au fond du vagin mais il existe d'autres causes, seule une consultation pourra répondre à votre question. L'existence de règles douloureuses associées peut être en effet évocateur de cette maladie.
Les réponses du Dr Charlotte Tourmente
Oui.
Des douleurs, notamment pendant les règles, parfois pendant les rapports sexuels, des règles abondantes, des saignements en dehors des règles, des cycles irréguliers, des troubles du transit ou digestifs, une grande fatigue, des brûlures urinaires,... Tout dépend de la localisation de l'endométriose.
Oui, certaines douleurs se diffusent parfois dans les jambes.
Quand vous déciderez d'avoir un bébé... C'est pour cette raison que l'on conseille de ne pas trop retarder la grossesse.
Non, l'endométriose ne provoque parfois aucun symptôme.
Oui, toute douleur importante nécessite une consultation.
Ca n'a rien à voir. Dans l'endométriose, il s'agit de la prolifération anormale de l'endomètre tandis que dans le syndrome des ovaires polykystiques, des kystes se développent dans les ovaires (et les symptômes sont différents).
Oui, c'est possible. Consultez votre gynécologue.
Oui, c'est possible. Consultez votre gynécologue.
Discutez-en avec votre gynécologue, dites-lui que vous êtes inquiète et aimeriez qu'un bilan de vos douleurs soit fait. Mais si elle ne l'a déjà pas fait, c'est sans doute qu'elle pense que ce n'est pas lié à l'endométriose.
Non pas du tout, il peut s'agir d'autre chose (pilule par exemple). Voyez cela avec votre médecin.
Tout dépend de l'existence de symptômes. Mais un bilan ne fait jamais de mal.
La douleur chronique est en phénomène complexe, l'anxiété peut favoriser leur apparition. Mais il faut toujours faire un bilan à la recherche d'une cause réelle avant de dire que c'est "psy".
Oui.
Ce serait possible, consultez votre gynécologue.
Oui elle peut être continue mais c'est + rare, elle est souvent rythmée par les règles et l'ovulation.
Non, l'endométriose n'est pas du tout systématiquement associée à l'infertilité.
Il faut en discuter avec votre gynécologue et adapter la prise en charge.
Oui.
Oui. Par exemple, l'endométriose du muscle de l'utérus survient souvent chez les femmes de 40 à 50 ans qui ont eu plusieurs enfants.
Oui, c'est possible. Il peut également s'agir d'adhérences (du tissu cicatriciel qui a comblé l'espace laissé par l'utérus enlevé).
Oui, les analogues de la LH-RH ou le Danatrol par exemple.
C'est possible que vos douleurs pendant les règles et les rapports soient liées à cela. Pour le kyste ovarien, il pouvait s'agir d'un kyste liquidien pas forcément un kyste d'endométriose (?).
Consultez votre médecin pour des examens mais ce n'est pas forcément lié à l'endométriose.
C'est souvent le cas, avec une ménopause naturelle ou provoquée artificiellement. Mais certaines femmes ménopausées peuvent continuer à en souffrir, notamment si elles sont sous THS (traitement hormonal substitutif).
Cette pilule peut en effet provoquer ce type de saignement. Parlez-en à votre gynéco.
Elles peuvent en souffrir mais ce n'est pas du tout systématique.
Il faut consulter pour toute douleur violente. Ce n'est pas forcément lié à l'endométriose mais parlez-en à votre médecin.
L'homme n'a pas d'endomètre puisqu'il s'agit de la muqueuse qui recouvre l'utérus, organe féminin.
Retournez le voir puisque vous souffrez toujours autant. Il existe des moyens pour soulager ces douleurs, il vous proposera un autre traitement.
Tout a fait.
Oui, certaines endométrioses ne sont pas douloureuses pendant plusieurs années puis elles le deviennent.
Dans de très rares cas, l'endométriose se situe sur l'enveloppe des poumons (la plèvre) ou du cœur (le péricarde).
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