Hypertension artérielle : quand se rendre aux urgences ?
De plus en plus de gens mesurent eux-mêmes leur tension. Et si les chiffres sont élevés, les patients n'hésitent pas à se rendre aux Urgences alors qu'une prise en charge par leur médecin traitant peut suffire. Le Dr Gérald Kierzek nous explique comment distinguer les vraies urgences des pseudo-urgences hypertensives.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Chronique du Dr Gérald Kierzek, urgentiste, du 25 janvier 2012
Dr Gérald Kierzek : "La tension artérielle est mesurée par un tensiomètre. Le médecin ou l'appareil quand il s'agit d'un appareil électronique utilisé en automesure donne deux chiffres : le premier, le plus grand, est appelé pression artérielle systolique et correspond à la phase de contraction du cœur qui éjecte le sang dans la circulation ; le second, le plus petit, est appelé pression artérielle diastolique et correspond lui à la phase de relâchement cardiaque ou diastole.
"L'hypertension artérielle est définie par une élévation de la pression artérielle supérieure ou égale à 140 mmHg pour la systolique et/ou 90 mmHg pour la diastolique, ou 14/9. La tension artérielle normale (avec ou sans traitement) doit donc être inférieure à 14/9. Parfois ces chiffres peuvent être beaucoup plus élevés avec des situations d'élévation tensionnelle supérieure ou égale à 180 mmHg pour la systolique et/ou supérieure ou égale à 110 mmHg pour la diastolique. Celles-ci définissent une hypertension sévère ou de grade 3. Ce sont ces chiffres supérieurs à 18/10 qui généralement conduisent aux urgences."
Dr Gérald Kierzek : "Non, car il ne faut pas se baser uniquement sur les chiffres mais rechercher des signes de retentissement sur les organes. La vraie urgence hypertensive est une hypertension directement responsable d'un retentissement sur l'organisme (cœur, rein,…). C'est pourquoi, en pratique, il faut distinguer deux types de situations différentes devant des chiffres supérieurs à 18/10 :
- l'élévation tensionnelle "simple" sans souffrance viscérale immédiate, qui ne met pas en jeu le pronostic vital à court terme.
- l'urgence hypertensive avec souffrance viscérale mettant en jeu le pronostic vital à très court terme."
Dr Gérald Kierzek : "Tout d'abord il est nécessaire de confirmer ce niveau élevé de pression artérielle par une autre mesure après cinq minutes de repos et dans de bonnes conditions. Si les chiffres se confirment, il faut ensuite rechercher les signes d'une souffrance viscérale, c'est-à-dire les signes de complication cardiaque, cérébrale, rénale ou oculaire : difficulté à respirer, douleur thoracique, maux de tête intenses ou trouble neurologique, baisse de l'acuité visuelle... Dans ce cas on appelle le SAMU Centre 15 pour envisager une hospitalisation en urgence."
Dr Gérald Kierzek : "Pour bien utiliser les appareils d'automesure, il faut utiliser un appareil validé, les modèles à brassard huméral ou poignet sont équivalents. Il faut se mettre au calme, après cinq minutes de repos et ne pas fumer ou prendre un excitant dans l'heure précédant la mesure.
"Avec un autotensiomètre s'adaptant au poignet, il faut :
"Pour les autotensiomètres à brassard huméral, il faut veiller à utiliser un brassard de taille adaptée sous peine de fausser les mesures. Position assise, pieds à terre, bras dénudé et posé à plat, sur une table (bras à hauteur du cœur), repérez la zone de battement maximal de l'artère humérale au pli du coude. Installez le brassard en vous assurant que le centre de la poche gonflable soit positionné en regard du trajet de l'artère humérale, et que le bord inférieur du brassard reste 2 à 3 cm au-dessus du pli du coude."
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