L'activité physique, une alliée contre le cancer du pancréas

Chez les patients atteints d'un cancer du pancréas, la pratique d'une activité physique adaptée (APA) permet d’améliorer la qualité de vie et la réponse aux traitements. C'est ce que montre une récente étude française.

Maroussia Renard
Rédigé le
L'activité physique, une alliée pour les patients sous chimiothérapie
L'activité physique, une alliée pour les patients sous chimiothérapie  —  Le Mag de la Santé - France 5

Depuis trois ans, Patrick ne laisse jamais passer un jour sans marcher dans la nature. La pluie ne le fera jamais renoncer. Il a initié ce rite quand il a reçu le diagnostic d'une maladie au pronostic sombre, un cancer du pancréas métastasé. Très vite, il commence une chimiothérapie et contre toute attente, son oncologue l’encourage à marcher encore plus.  

La marche, une alliée tout au long du traitement

"On est dans un corps qui souffre à cause de la chimiothérapie, même si c’est tolérable, en marchant, on s’aperçoit que le corps peut encore vous apporter du plaisir. En ce moment, c’est l’automne, il y a des couleurs magnifiques, mais chaque saison a ses vertus", explique Patrick Gouigoux. 

À toutes les étapes de ses traitements, la marche a été sa meilleure alliée. "Après l'opération, on m'a enlevé une partie du pancréas, j'ai continué à marcher, même si j'étais très affaibli. J'allais dans un jardin public près de chez moi et je m'asseyais sur un banc. Je marchais 20 mètres, je me rasseyais sur un banc, ça, c'était les premiers jours. Quelques jours après, je marchais 50 m de plus… j’ai eu l’impression d’être acteur de mon combat contre le cancer", confie Patrick Gouigoux.  

Marcher pour le moral et pour la science

Patrick n’a pas seulement marché pour son moral, il a marché pour la science, en acceptant de participer à une étude sur les bénéfices de l’activité physique adaptée (APA) chez les patients atteints d’un cancer du pancréas avancé.  

Patrick a terminé ses traitements il y a un an, il vient aujourd’hui pour avoir les résultats de son dernier scanner. Si Patrick s’en est sorti, c’est avant tout grâce à des traitements lourds, mais pour le Professeur Hammel, aucun doute, la marche y est aussi pour quelque chose. "L’étude qu’on a faite a montré que l’activité physique avait un effet réel sur la santé des patients atteints de cancer du pancréas. On a non seulement une amélioration de la qualité de vie, mais aussi une amélioration du contrôle de la tumeur. Bien entendu, on ne peut pas dire que tous ceux qui font de l’APA vont guérir de leur cancer, mais c’est quelque chose qui est devenu indispensable", commente le Pr Pascal Hammel.  

Vers un changement des pratiques

Cette étude constitue une nouvelle approche dans la prise en charge de ce cancer tant redouté. "Quand j’étais jeune étudiant, on disait que les patients qui avaient un cancer devaient se reposer. Et bien non. Évidemment, il faut aller dans la gamme de ses possibilités, il ne faut pas en faire trop, s’épuiser, se blesser, mais ça va être un changement des pratiques. L’activité physique va être quelque chose de central dans leur prise en charge", confie le Pr Pascal Hammel.

La prochaine étape est de généraliser l’activité physique à tous les patients atteints d’un cancer du pancréas, à la condition d'être encadré par un enseignant en activité physique adaptée.  

Patrick, quant à lui, refera un nouveau scanner dans six mois. Et en attendant, en plus de la marche, il a décidé de s’initier au tai-chi

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