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La petite taille de la mère accroît le risque de prématurité de l'enfant

Une vaste étude suédoise vient confirmer une observation clinique déjà établie par ailleurs : parmi tous les facteurs augmentant le risque de prématurité, la taille de la mère entre en ligne de compte. Une donnée qui ne doit pas inquiéter outre mesure les mères de petite taille, mais qui reste utile aux praticiens pour estimer les risques.  

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La petite taille de la mère accroît le risque de prématurité de l'enfant
cc-by-sa Simon A. Eugster

Selon une étude publiée dans la revue PLOS One, portant sur l’analyse de 192.432 naissances en Suède entre 1991 et 2009, plus les mères sont petites, plus le risque de prématurité augmente. "La probabilité d'avoir un enfant né prématuré ou très prématuré est plus élevée pour les femmes de petite taille, et plus faible parmi les femmes les plus grandes".

Dans le groupe étudié, l’estimation moyenne est "une diminution de 0,2 jour de croissance utérine par centimètre maternel de moins".

D’autres études de grande envergure, menées au cours de la dernière décennie en Asie, en Amérique latine, en Afrique, en Europe et en Océanie, avaient abouti à des conclusions analogues [1]. Ces nouveaux travaux apportent toutefois de nouveaux éléments de confirmation. En effet, la tranche d’âge des femmes inclues dans l’étude était relativement resserrée, ce qui permet d’exclure un premier biais d’interprétation (le risque de prématurité augmente, en effet, avec l’âge de la mère). En outre, toutes les mères étaient elles-mêmes nées à terme. Les chercheurs notent qu’elles étaient toutes issues "d’un groupe ethnique homogène".

Les auteurs identifient toutefois plusieurs limites à leurs recherches. Premièrement, "les femmes suédoises étant [généralement] relativement grandes, [les estimations dérivant de] nos résultats ne peuvent pas être facilement extrapolés à d'autres populations féminines dont la taille moyenne est beaucoup plus faible, comme en Amérique latine ou en Asie". La corrélation statistique, dans ces zones géographiques, reste toutefois similaire.

Autre point important : les détails des évènements aboutissant à la naissance prématurée n’ont pas pu être recensés par les chercheurs suédois. Une étude néo-zélandaise antérieure identifiait un sur-risque lié à la petite taille uniquement dans les cas où la naissance impliquait une rupture prématurée des membranes fœtales. Les prématurités qui n’étaient pas liées à une telle rupture semblaient sans lien avec la taille des mères.

Trois hypothèses ont été avancées par des divers auteurs pour expliquer la corrélation entre taille maternelle et prématurité : des facteurs socio-économiques, un risque de sous-nutrition in utero, et des contraintes anatomiques maternelles. Pour l’heure, la part de ces trois facteurs dans le phénomène n'est pas encore identifiée.

Maternal Height and Preterm Birth: A Study on 192,432 Swedish Women. José G. B. Derraik et al. PLOS One, 21 avril 2016. doi: 10.1371/journal.pone.0154304


[1] Voir notamment ces travaux publiés en juin 2009, en juillet 2012, en août 2015 et en septembre 2015.

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