Comment des rayons laser peuvent-ils traiter l'épilepsie ?

Pour les patients qui présentent une épilepsie résistante aux médicaments, il existe un nouveau traitement. Il consiste à localiser la zone cérébrale malade pour la détruire, sans l'extraire, comme c'est le cas lors d'une chirurgie classique.

Géraldine Zamansky et New York Times
Rédigé le , mis à jour le

La première étape de la procédure est impressionnante. Le chirurgien fixe un cadre métallique sur la tête de la patiente qui est sous anesthésie générale. C’est ce qui va garantir le bon positionnement du laser à l’intérieur du cerveau. Il faudra y atteindre la zone responsable des crises quotidiennes de la patiente qui tétanisent sa jambe droite.

Pr Thomas Blauwblome, neurochirurgien, hôpital Necker-Enfants malades : "On a pu identifier la région qui présentait l’anomalie et cette région est située ici. C’est ce qui est contouré en vert. À partir de là j’ai pu choisir une trajectoire de la fibre laser que l’on va insérer, en bleu, qui permet à la fois une porte d’entrée qui soit sûre à distance des vaisseaux mais qui permette également dans l’axe de l’électrode de traiter l’ensemble du volume de cette lésion cérébrale. Quand on fait la simulation, vous voyez qu’on englobe l’ensemble de la lésion par le traitement".

Pour réaliser cet objectif millimétré, un scanner du cerveau est effectué avec le cadre métallique qui évite le moindre mouvement. Quelques minutes plus tard, au bloc opératoire, ces images vont être intégrées dans le robot programmé par le chirurgien. Elles vont garantir une intervention au bon endroit. 

Une précision de l’ordre du millimètre

Le robot indique le point et l’axe d’entrée dans le cerveau programmés par le chirurgien. Il peut alors réaliser en toute sécurité un petit trou de 3 mm de diamètre pour insérer la fibre laser.

La fibre est insérée dans les conditions stériles du bloc opératoire. Puis son positionnement est sécurisé pour qu’elle ne bouge pas pendant le transfert de la patiente vers une salle d’IRM. C’est seulement là que le laser sera actionné avec un contrôle permanent de son action sur le cerveau. La fibre est reliée à ce moniteur que le chirurgien programme à nouveau très précisément.

Déterminer les régions à préserver

La sonde laser est mise en place dans la lésion. Il faut contrôler la température dans la région à enlever.
Si la température augmente au-delà de 42-45° dans les régions qui doivent être préservées à tout prix, le système se coupera comme un fusible, et arrêtera le laser pour éviter d’avoir des lésions irréversibles. 

Juste à côté de la cible, il y a la zone de commande des mouvements de la jambe droite. Dès que le traitement est lancé, le chirurgien est donc en vigilance permanente.

Trois cessions laser de 5 minutes

Il faudra trois cessions en tout pour venir à bout de cette petite zone qui générait les courts-circuits responsables des crises d’épilepsie.

Pr Nathalie Boddaert, radiologue pédiatre, hôpital Necker-Enfants malades :"Ici on voit le résultat après qu’on ait chauffé la fibre laser. On voit que toute la région qui était anormale est maintenant blanche donc normalement on devrait amener à une guérison".

Le résultat est obtenu avec des suites opératoires bien plus simples qu’après une chirurgie classique…
Si tout se passe bien, la patiente devrait être gardée 24 à 48 heures. Elle pourrait même sortir le soir même mais l'équipe préfère la surveiller pendant 24 heures. 
Ce succès devrait être confirmé en quelques heures puisque la patiente faisait des crises tous les jours.