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Pesticides dans l'alimentation : bientôt une dose maximale journalière ?

Le gouvernement envisage de fixer une "dose maximale de pesticides autorisée par jour", afin de limiter l'exposition de la population à ces substances au travers de l'alimentation.

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Pesticides dans l'alimentation : bientôt une dose maximale journalière ?
Pesticides dans l'alimentation : bientôt une dose maximale journalière ?

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a déclaré le 13 octobre vouloir saisir l'Anses, l'agence publique chargée de la sécurité alimentaire, pour qu'elle propose "des critères pour mettre en place une limite maximale globale pour tous les pesticides présents dans l'alimentation."

"Nous allons demander à l'Anses de réfléchir à une dose maximale de pesticides autorisée par jour par ingestion via l'alimentation, et à la manière dont cela pourrait se traduire concrètement en matière de recommandations de consommations ou de baisses des limites maximales de résidus (de pesticides, NDLR) fixées par l'Europe sur certains ingrédients", a précisé le ministère à l'AFP. Le but est "d'aboutir à une ration journalière qui ne soit en moyenne pas trop exposante", a-t-il ajouté.

"Ce serait une vraie avancée", a estimé Nadine Lauverjat, coordinatrice de Générations Futures, ONG qui a publié le 11 octobre un rapport controversé pointant la présence de résidus de pesticides, dont des perturbateurs endocriniens, dans des marques de mueslis aux fruits. "Cela fait des années que l'on pointe du doigt les différences de traitement entre l'eau de boisson et les aliments", a-t-elle ajouté.

Seulement sur certains aliments

Un règlement européen fixe depuis 2008 au niveau de toute l'Union des "limites maximales de résidus" (LMR) de pesticides autorisés légalement dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux.

Mais ces seuils, définis substance par substance, portent seulement sur certains aliments et diffèrent d'un aliment à l'autre. Surtout, contrairement à ce qui existe pour l'eau de boisson, il n'y a pas de limite légale pour le total des substances présentes dans un aliment, ce qui permet aux producteurs de "multiplier les substances" sans dépasser de seuil légal, déplorait jeudi le sénateur du Morbihan Joël Labbé (EELV), lors des questions au gouvernement.

La saisine de l'Anses "n'est pas encore faite et sera élaborée en lien avec les ministères de l'Agriculture et de la Consommation, chargés du contrôle de la qualité des denrées", a également précisé le ministère de la Santé.