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Une expo pour les mordus de vampires...

Ils craignent la lumière et pourtant ils sont sous le feu des projecteurs. En ce jour d’Halloween, les vampires qui ont largement inspiré le cinéma, la peinture et plus récemment les séries télévisées, sont les stars de la nouvelle exposition de la Cinémathèque de Paris, jusqu'au 19 janvier.

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Une expo pour les mordus de vampires...

Reconnaissable à ses canines et son teint blafard, le vampire fascine autant qu’il terrifie. Sa légende prend corps à la fin du 19ème avec le célèbre roman de Bram Stoker, Dracula. Et depuis, les cinéastes n’ont cessé de se nourrir de ce mythe pour parler de nos pulsions et de nos fantasmes.
« le vampire c’est une sorte de métaphore de beaucoup de choses et dans lequel on peut évidemment plus que tout se projeter. Cela parle de la folie, de la sexualité, d’identité, de minorité, du rapport au sacré, au religieux, au pouvoir aussi. Et donc c’est vrai que c’est une métaphore absolument parfaite pour raconter le monde qui nous entoure. » explique Matthieu Orléan, le commissaire de l’exposition « Vampires » de la Cinémathèque de Paris.

Au cinéma, en littérature et même en science, les hommes ont trouvé dans cette créature une source inépuisable d’inspiration. Au Moyen-Âge, ils attribuent aux vampires d’étranges événements dans les cimetières, car à l'époque, on ne comprend pas pourquoi la nuit, d'étranges sons s'échappent de ces lieux... Ces sons sont en fait la putréfaction de certains cadavres qui dégagent des gaz. Encore plus terrifiant, il arrive même que certaines personnes soient enterrées vivantes, se réveillent et sortent de leur cercueil ! Il est alors plus simple d’incriminer un vampire plutôt que le médecin qui avait (malencontreusement) déclaré un décès….

Au 19ème siècle, la médecine évolue et prend le pas sur les croyances et les légendes. Les médecins tentent de trouver une cause médicale à ce mythe. 
« Les vampires seraient des personnes qui auraient été mordues par un animal souffrant de la rage. Vous avez une cicatrice qui ne disparaît pas, comme pour les morsures des vampires. Ils ont tendance aussi à redouter la lumière, comme les vampires. Ils ont tendance à redouter l’eau.. » raconte le docteur Bruno Halioua, historien de la médecine .
En 1985, David Dolphin, un chimiste canadien donne une autre explication à cette légende : les vampires seraient en réalité atteints de porphyrie, une maladie rare du sang. Ces personnes ont tendance à avoir un teint très blème et une déformation des dents, une odeur un peu fétide et des douleurs abdominales surtout quand elles mangent de l’ail !

Le cinéma n’a jamais cherché d’explications à cette légende. Il fait plutôt du vampire le miroir de son époque. De monstre terrifiant, il devient ensuite dandy démoniaque et séduisant pour enfin devenir ces dernières années, un « Monsieur tout le monde » qui s’interroge sur son identité.  
Dans les films ou les séries, beaucoup de personnages sont dans un rapport compliqué avec leur identité vampirique, des hommes et des femmes qui n’ont pas envie d’être dans la violence ou dans le crime, comme dans les anciennes représentations du vampire. Les scénaristes et les réalisateurs inventent donc des histoires de sang synthétique, de sang des hôpitaux qui seraient livrés aux vampires et qui les empêcheraient de choisir les humains pour proies. 

Laissez vous mordre et découvrez l'histoire des vampires à travers cent ans de culture populaire, de Murnau à Twilight et de Dreyer à True Blood, à la Cinématèque de Paris dans l'exposition "Vampire, de Dracula à Buffy" jusqu'au 19 janvier.

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