Fumer augmente le risque de souffrir d'incapacité

Fumer augmente le risque de souffrir d'incapacité

La cigarette tue, mais augmente aussi le risque de souffrir d'incapacité avant l'âge de 80 ans, selon les résultats d'une étude réalisée sur la population belge et publiée dans la revue BMC Public Health, en juillet 2014.

La rédaction d'AlloDocteurs
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L'étude a porté sur des hommes et des femmes âgés de plus de 30 ans. Estimant que passé cet âge, il est peu probable de commencer à fumer, les chercheurs ont considéré que les fumeurs l'étaient depuis longtemps. Ces personnes ont alors participé à des entretiens entre 1997 et 2001 puis ont été suivies pendant dix années supplémentaires.

Les résultats ont montré que chez les fumeurs, l'espérance de vie est réduite de 7,87 ans pour les hommes et de 8,17 ans pour les femmes. Les personnes ayant abandonné la cigarette gagnent comparativement deux ans et demi d'espérance de vie.

Une situation d'incapacité plus précoce

Les chercheurs ont également montré que les fumeurs, ainsi que les anciens fumeurs, se trouvent plus tôt en situation d'incapacité avant l'âge de 80 ans ; soit 6,80 ans plus tôt que les non-fumeurs. Les chercheurs ont défini l'incapacité comme la difficulté à exécuter des tâches de la vie courante (sortir et entrer dans son lit, s'habiller, se laver les mains et le visage, se nourrir, aller aux toilettes…), à se mouvoir, l'incontinence ou encore la perte des fonctions sensorielles (audition, vision).

Résultat : les anciens fumeurs vivent environ quatre mois de plus en situation de handicap que les non-fumeurs. En revanche, cet effet disparaît chez les fumeurs, pour qui l'effet de la mortalité est plus important. Comme ces deniers meurent plus précocement, leur durée de vie en situation d'incapacité est réduite. Un effet exacerbé chez les grands fumeurs, ceux consommant 20 cigarettes ou plus par jour.  

Limites de l'étude

Toutefois, les auteurs indiquent que le faible taux de participation à cette étude pourrait avoir biaisé les résultats concernant le handicap seulement. En effet, les participants sont ceux qui se sont portés volontaires parmi un groupe de 10.000 individus, précédemment sélectionnés pour une étude que les services de santé réalisent tous les 4 à 5 ans. Or, les volontaires ne sont pas forcément représentatifs de la population.

Les auteurs estiment donc qu'un biais aurait plus de conséquences sur les résultats portant sur la durée de vie avec un handicap que sur la mortalité. En effet, fumer tue de la même façon toutes les catégories de la population. En revanche, les personnes moins aisées peuvent être en moins bonne santé et souffrir de handicap. Ainsi, les auteurs concluent que s'il y a un biais dans leur étude, il est susceptible de surestimer l'effet du tabac sur le handicap.

Source : The effect of smoking on the duration of life with and without disability, Belgium 1997-2011. Herman Van Oyen et al. BMC Public Health. 2014 Jul 15;14:723. doi: 10.1186/1471-2458-14-723

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