VIH/SIDA : le test rapide pourrait freiner l’épidémie ?

En France, chaque année, 6 500 personnes découvrent qu’elles sont séropositives… Et 40 000 le seraient sans le savoir. Une des priorités de la lutte contre le VIH est donc de faciliter le dépistage avec un diagnostic simplifié. Pour que tous ceux qui sont touchés puissent se soigner et protéger leurs partenaires.

La rédaction d'Allo Docteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Aujourd’hui, la moitié des nouveaux diagnostics de séropositivité sont trop tardifs. C’est-à-dire que la contamination est ancienne et que le VIH a déjà réduit significativement les défenses immunitaires. Cela complique bien sûr la prise en charge des patients et c’est aussi très inquiétant quant à la progression de l’épidémie. Car ce dépistage tardif correspond à "un haut niveau de transmission du virus", soulignent les auteurs de l’étude sur les tests rapides d’orientation et de diagnostic (TROD) de l’infection par le VIH publiée aujourd’hui par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'Institut de Veille Sanitaire (InVS). "La réduction du nombre de personnes ignorant leur statut sérologique est (donc) devenue une priorité de santé publique", poursuivent-il. 

Autrement dit : le dépistage doit d'urgence être facilité. Une fois sur dix, il est actuellement réalisé dans les Centres de dépistage anonymes et gratuits (CDAG). Des centres souvent réservés aux grandes villes et aux horaires assez limités… où il faut réussir à revenir une deuxième fois pour les résultats ! Même celui de l'hôpital Saint-Antoine, ouvert en fin de journée et en plein cœur de Paris, perdait un patient sur cinq lorsqu'il réalisait le diagnostic classique. Ses équipes se sont donc mobilisées pour évaluer le test rapide qui permet d'avoir le résultat en une demi-heure… pour la plus grande satisfaction des patients. "Certains s'étaient renseignés et venaient ici pour justement pouvoir bénéficier du test rapide", raconte Catherine Gachenot, infirmière. "Ils appréciaient beaucoup d’éviter les jours d'attente."

Et surtout, l’étude réalisée entre janvier 2010 et janvier 2011 a permis de "tester" le TROD, le test rapide, à 2 448 reprises en le comparant à son "ancêtre", Elisa, qui exige une prise de sang. Le bilan est très favorable puisqu’il y a seulement eu deux faux positifs et aucun faux négatif. Mais attention, qui dit test rapide ne dit pas test "précoce", au contraire. En dessous de 3 mois après la prise de risque, il vaut mieux patienter un peu et faire l’autre test, un peu plus sensible dans ce type de contexte. Néanmoins, ses promotteurs espèrent que les résultats obtenus faciliteront son adoption par l'ensemble des CDAG et un plus grand nombre d'associations, autorisées depuis un an à pratiquer ce test en dehors d'un cadre médical. L'association Aides, par exemple, propose déjà ce test dans un cadre "communautaire".

 

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