Rayons X : les Français de plus en plus exposés

Les doses de rayons X reçues par les Français au cours des examens médicaux ont augmenté de 50% en cinq ans selon l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). En cause, le recours plus régulier au scanner, au pouvoir fortement ionisant.

Rédigé le

Rayons X : les Français de plus en plus exposés
Rayons X : les Français de plus en plus exposés

Les Français sont de plus en plus exposés aux rayons X. C'est la conclusion qui ressort du bilan de l'année 2013 de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Les doses de radiations reçues pour raison médicale par les Français ont augmenté de 50% en cinq ans et il convient d'utiliser ces outils avec mesure, a indiqué le 4 juin 2014 la division sud-ouest de l'ASN à Toulouse.

Lorsqu'ils traversent les cellules, les rayons X ou rayons ionisants, peuvent provoquer des lésions de l'ADN. Généralement, les cellules réparent d'elles même ces lésions. Si elles n'y parviennent pas, elles meurent sans conséquence pour ses voisines. Il arrive parfois que ces lésions de soient pas réparées et leur accumulation sur 10, 20 à 30 ans peut entraîner des cancers. C'est la raison pour laquelle l'ASN recommande, non pas de supprimer les scanners, mais d'éviter de trop les répéter dans le temps.

Cette division qui s'occupe de la sûreté des réacteurs nucléaires des régions Midi-Pyrénées, Aquitaine et Poitou-Charentes, s'est aussi inquiétée de ce qu'elle appelle le "nucléaire de proximité", c'est-à-dire du nucléaire utilisé pour le diagnostic médical (radiographies, scanners...). En 2013, elle a réalisé 122 inspections dans ces régions qui comptent notamment 6.900 appareils de radiodiagnostic médical et dentaire, 150 unités de radiologie interventionnelle et 150 scanners.

L'ASN explique l'augmentation des doses reçues par les Français par une augmentation du recours au scanner pour les diagnostics. "On utilise de plus en plus les radiations ionisantes pour détecter les maladies, notamment avec les scanners qui sont très irradiants, mais aussi pour que le chirurgien guide son geste à l'aide de la radiographie, ce qui évite aux patients des interventions lourdes, et est extrêmement positif ", a indiqué Jean-François Valladeau, responsable du nucléaire de proximité.

Optimiser l'utilisation de scanners

Tout en soulignant les "atouts" de ces nouveaux outils, M. Valladeau a appelé à une "optimisation" de leur usage, souhaitant notamment qu'on ait recours "chaque fois que c'est possible à l'IRM plutôt qu'au scanner". Au lieu d'utiliser des rayonnements, l'IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique) fait appel aux champs magnétiques.  

Un scanner du corps entier représente "une dose de radiation de 20 millisieverts, soit l'équivalent de la dose annuelle admise pour un travailleur en contact avec les radiations", a précisé Paul Bougon, chef adjoint de la division.

En ce qui concerne la radiographie interventionnelle (chirurgie guidée par radiographie), l'ASN souligne que "les chirurgiens sont très fortement exposés et certains patients peuvent recevoir des doses importantes menant à des brûlures".

Les chirurgiens négligent leur propre sécurité, selon M. Valladeau : "Les praticiens en général portent les équipements de protection individuels, mais pas les dosimètres mesurant les radiations et négligent la visite médicale obligatoire et la formation à la radioprotection".

VOIR AUSSI :