OGM : six académies des sciences fustigent l'étude de Séralini

"L'orchestration de la notoriété d'un scientifique ou d'une équipe constitue une faute grave lorsqu'elle concourt à répandre auprès du grand public des peurs ne reposant sur aucune conclusion établie". C'est dans ses termes tranchants que six académies scientifiques ont balayé d'un revers de main l'étude de Gilles-Eric Séralini sur l'OGM NK603 de l'entreprise Monsanto. Un soufflet qui s'ajoute à ceux de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) publié le 04 octobre et du Haut conseil des biotechnologies (HCB) qui a jugé l'étude inapte à démontrer un lien "de causalité entre les événements observés et la consommation de maïs NK603", le 22 octobre 2012.

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OGM : six académies des sciences fustigent l'étude de Séralini
OGM : six académies des sciences fustigent l'étude de Séralini

Les Académies nationales d'Agriculture, de Médecine, de Pharmacie, des Sciences, des Technologies, et Vétérinaire ont publié le 19 octobre 2012 un communiqué sans appel sur l'étude de Pr. Séralini selon laquelle l'OGM NK603 entraînait un effet tumorigène et toxique important chez le rat. Tour à tour, la conception de l'étude, la méthodologie statistique et le choix des animaux utilisés sujets à des tumeurs sont décriés menant à "l'impossibilité de tirer des conclusions fiables".

En d'autres termes, "les données présentées dans cet article ne peuvent remettre en cause les études ayant précédemment conclu à l'innocuité sanitaire du maïs NK603 et d'une manière plus générale à celle des plantes génétiquement modifiées".

Outre le fond de l'étude, le communiqué non signé dénonce sa forme : battage médiatique autour de "deux livres, d'un film et d'un article scientifique" et conflit d'intérêt pour le Pr Séralini sont autant d'arguments défavorables à l'étude.

Les membres des six académies rappellent "que la publication d’un article dans une revue à comité de lecture n’est pas, à elle seule, le gage de sa qualité scientifique".

Les académies non engagées dans leur ensemble

Cependant Paul Deheuvels, membre de l'Académie des Sciences s'indigne et dénonce, dans  Le Plus du Nouvel Observateur, une "absence totale de transparence" dans la rédaction du communiqué réalisé "on ne sait par qui, on ne sait comment".

Il y dénonce les lacunes du communiqué qui ignore la partie toxicologique de l'article "traitée avec sophistication par des méthodes modernes".

Il insiste : "On ne peut lui reprocher sa valeur scientifique qui est indéniable. On ne peut l'attaquer sur sa partie descriptive qui ne cherche pas à établir des preuves, au sens statistique du terme, mais à donner une présentation lisible, purement factuelle, des résultats obtenus."

L'affaire OGM-Séralini semble loin d'être classée...

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