Nouveaux traitements de l'hépatite C : aussi prometteurs que prohibitifs

Quatre députés de la majorité interpellent le groupe pharmaceutique américain Gilead sur le prix de son traitement de l'hépatite C, Sovaldi®, facturé 56.000 euros par le laboratoire peu scrupuleux.

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Nouveaux traitements de l'hépatite C : aussi prometteurs que prohibitifs

Menant dans 90% des cas à l'éradication du virus de l'hépatite C, le médicament Sovaldi® représente un espoir de taille dans le traitement de l'hépatite C, qui fait chaque année près de 3.000 victimes en France. Mais au-delà de son efficacité, c'est avant tout son prix de vente prohibitif qui fait parler de ce médicament qui devrait bientôt arriver sur le marché.

Quatre députés de la majorité ont donc interpellé, dans une lettre ouverte publiée lundi 7 juillet, le président de Gilead France, Michel Joly, sur le prix de ce traitement qu'ils estiment "exorbitant" (lettre à télécharger ci-dessous).

666 euros le comprimé

Les députés socialistes Gérard Bapt (Haute-Garonne), Olivier Véran (Isère), Catherine Lemorton (Haute-Garonne) et Jean-Louis Touraine (Rhône), ont donc pris la plume pour tenter de ramener le laboratoire pharmaceutique à la raison. Les co-signataires en colère rappellent que le prix facturé du Sovaldi® dans le cadre de son autorisation temporaire d'utilisation (ATU) est de l'ordre de 56.000 euros pour un traitement de 12 semaines
, soit 666 euros le comprimé. Selon les députés, ce prix est 280 fois plus élevé que le sera la coût de fabrication une fois la production lancée à grand échelle.

Un coût prohibitif que le député Gérard Bapt estime imputable à la volonté du laboratoire d'un retour sur investissement. Gilead a en effet déboursé 8 milliards d'euros en 2011 pour racheter la société Pharmasset, détentrice du brevet du Solvadi®. "Ce ne sont pas aux assurés sociaux de prendre en charge ce qui relève du dysfonctionnement à l'heure actuelle du secteur pharmaceutique international, et qui aboutit à des acquisitions d'un tel montant", expliquait ce matin le député, interviewé par la rédaction du "Magazine de la santé" (Cf. la vidéo ci-dessus).

A l'heure actuelle, seul le Solvadi® a été évalué par la HAS. Mais d'autres molécules devraient rapidement arriver sur le marché dont le Daklinza®, du laboratoire américain BMS.

Service médical rendu indéniable… et chiffrable

La Haute Autorité de santé (HAS), saisie au début du mois de juin 2014 par le gouvernement, pour donner son avis sur l'arrivée des nouveaux antiviraux d'action directe, estime que tous les patients atteints d'hépatite C chronique à un stade sévère de la maladie devraient pouvoir bénéficier des nouveaux médicaments antiviraux à action directe, nettement plus efficaces et entraînant beaucoup moins d'effets secondaires que le traitement de référence actuel. Soit environ 60.000 patients dont le traitement pourrait couter 4,8 milliards d'euros à la Sécurité sociale. Une pilule en or massif difficile à avaler pour l'assurance maladie, tenue de réaliser une économie de 10 milliards d'euros d'ici 2015.

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13879-courrier-a-gilead-france.pdf