Les nanoparticules passées au peigne fin par le géant du secteur

La France et l'Allemagne souhaitent évaluer l'impact des nanoparticules sur la santé humaine. Pour ce faire, le gouvernement allemand a sollicité BASF, le premier producteur mondial de... nanomatériaux.

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Les nanoparticules passées au peigne fin par le géant du secteur
Les nanoparticules passées au peigne fin par le géant du secteur

Le gouvernement allemand a sollicité BASF, le numéro un mondial du secteur pour étudier les dangers pour la santé humaine des nanoparticules.

"Des études à long terme doivent permettre de rechercher les possibles effets à long terme des nanoparticules sur les poumons", a expliqué le ministère fédéral de l'Environnement dans un communiqué. Ce projet sur quatre ans devrait coûter cinq millions d'euros au total et "donnera à l'Allemagne un rôle dirigeant dans la recherche sur la sécurité des nanomatériaux", a déclaré le ministre de l'Environnement, Norbert Röttgen, cité dans le communiqué.

Pour le service de presse de BASF-France cette décision n'a rien de choquant. Pourtant, on peut s'étonner que ce géant de la chimie soit responsable de cette étude. Pour Rana Bazzi, maître de conférence à l'université de Besançon et spécialiste des nanoparticules, ce choix laisse présager un conflit d'intérêt.

Les nanomatériaux sont des composés microscopiques dont les propriétés physiques particulières font miroiter une multitude d'applications possibles aux industriels, du textile à la construction, en passant par la médecine et les produits de grande consommation, mais dont on connaît encore mal les effets potentiels sur la santé.

"Cela dépend de l'usage que nous voulons en avoir. Les nanoparticules utilisées en médecine pour les traitements de certains cancers peuvent être intéressants. C'est le médecin qui les manipule et c'est lui également qui évalue le bénéfice/risque", estime Rana Bazzi.

Mais les nanoparticules sont également utilisées dans le développement de produits de grande consommation, comme les chaussettes dites anti-bactériennes contenant des nanoparticules d'argent, ou des crèmes solaires contenant des nanoparticules de titan.

"Je suis contre l'utilisation de cette technologie pour les produits courants. Cela n'a pas vraiment d'intérêt et surtout nous n'avons aucun recul, aucune étude sérieuse montrant leur innocuité, sans compter qu'on ignore comment elles se dégradent dans l'environnement", ajoute Rana Bazzi.

En France, l'évaluation des nanoparticules devrait être menée par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

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