L'accès aux soins des plus démunis se détériore

À la veille de la Journée mondiale du refus de la misère, qui a lieu le 17 octobre, Médecins du monde s'alarme des conditions d'accès aux soins des plus démunis dans son baromètre 2012.

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L'accès aux soins des plus démunis se détériore

Thierry Brigaud, président de Médecins du monde, invité de l'émission "Le magazine de la santé", sur France 5, le 16 octobre 2012

"En 2011, bénéficier de soins semble de plus en plus difficile dès lors que l'on dispose de moyens financiers limités". Tirée du rapport annuel de l'association Médecins du monde, cette phrase résume la situation critique de l'accès aux soins en France. Si la crise économique et sociale touche directement les plus pauvres, elle n'explique pas à elle seule "la dégradation inquiétante des conditions de vie".

Médecins du monde estime que le système de santé français manque de solidarité. L'ONG demande au gouvernement des mesures exceptionnelles pour protéger les plus pauvres. "Il faudrait faciliter l'accès aux soins. Les permanences d'accès aux soins dans les hôpitaux sont là pour ça, mais elles ne marchent pas bien, pourtant le dispositif fonctionne depuis 1998. Dans certaines villes, on constate un manque de moyens et de personnel dans ces permanences", explique Thierry Brigaud, président de Médecins du monde.

Des pathologies prises en charge tardivement

Entre 2008 et 2011, l'association a enregistré une augmentation de 22 % du nombre de consultations médicales dans ses centres. Un accueil pour soigner des patients qui, pour la plupart, vivent sous le seuil de pauvreté.

Autre donnée inquiétante, plus d'un tiers des patients vient se soigner tardivement par rapport aux soins qu'imposent leurs pathologies, "c'est notamment le cas des femmes enceintes qui sont à deux doigts d'accoucher quand elles viennent nous voir et donc n'ont pas de contrôles prénataux", ajoute Thierry Brigaud.

La conférence de lutte contre la pauvreté et les exclusions aura lieu les 10 et 11 décembre 2012. Médecins du monde attend donc que le gouvernement prenne ses responsabilités.

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