Haro sur le co-sleeping

Une campagne d’affichage américaine met en garde contre les risques du co-sleeping. Une pratique encouragée par les partisans du "maternage", mais fortement déconseillée par les médecins.

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Haro sur le co-sleeping
Haro sur le co-sleeping

"Dormir avec votre bébé peut être dangereux". Le slogan est clair, l'image choc : aux Etats-Unis, le comté de Milwaukee (Etat du Wisconsin) lance une campagne d'affichage contre le co-sleeping, qui consiste à dormir avec son bébé dans le même lit.

La municipalité de Milwaukee n'en est pas à son coup d'essai. En 2010, une autre campagne d'affichage, représentant un lit en pierre tombale, mettait en garde contre les risques d'étouffement pour l'enfant en cas de co-sleeping. Ces affiches visent à lutter contre une mortalité infantile plus élevée aux Etats-Unis (10,4 pour 1 000) que dans certains pays sous-développés. En France, la tendance du co-sleeping (ou "cododo") s'est développée avec le maternage "intensif" ou "proximal" arrivé… des Etats-Unis.

Le maternage s'appuie sur la théorie de l'attachement, élaborée par le psychiatre John Bowlby : pour le jeune enfant, l'attachement à la mère serait un besoin primaire, comme manger ou dormir. Les mamans qui "maternent", optent en général pour un allaitement long et à la demande, et le portage du bébé dans une écharpe.

Parmi ces pratiques, le co-sleeping est la plus contestée. "C'est pourtant une pratique plus répandue qu'on ne le pense", affirme Claude Didierjean-Jouveau, ancienne animatrice de la Leche League France et rédactrice en chef du magazine Allaiter aujourd'hui !. "Dormir avec son bébé est quand même plus pratique quand on allaite, et puis le besoin de contact d'un enfant ne disparaît pas entre 20 heures le soir et 8 heures du matin".

Du côté des médecins, le son de cloche est bien différent. "Il y a un risque statistique évident de mort subite", affirme le pédiatre Robert Cohen. "Et il y a des facteurs de risques associés qui sont la prise de somnifères ou d'alcool, pouvant plonger les parents dans un sommeil plus profond que le sommeil physiologique".

Claude Didierjean-Jouveau ne conteste pas ces facteurs aggravants, mais regrette qu'on condamne d'office la pratique du co-sleeping. "Le risque est de toute façon présent", rétorque Robert Cohen. "Même dans le lit d'un bébé, on déconseille vivement les couvertures, coussins, draps ou couettes. Le bébé ne peut pas se dégager s'il est étouffé. On décourage donc forcément la technique du co-sleeping."

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