Certaines cigarettes électroniques émettent des produits toxiques

Les taux de quelques composés potentiellement toxiques émis par les cigarettes électroniques peuvent, dans de rares cas, approcher les niveaux mesurés dans la fumée des cigarettes conventionnelles, souligne une synthèse d'études réalisée par des chercheurs du département de la santé publique japonais. Ils appellent les fabricants d'e-cigarettes à identifier les moyens de limiter la production des substances incriminées au cours du vapotage.

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Certaines cigarettes électroniques émettent des produits toxiques
Certaines cigarettes électroniques émettent des produits toxiques

Les substances toxiques, et notamment cancérogènes, présentes dans la fumée des cigarettes sont nombreuses et désormais bien identifiées.

Une récente synthèse de la littérature scientifique concluait que la vapeur produite par l'intermédiaire des e-cigarettes peut également contenir certaines des substances toxiques recherchées, en concentrations toutefois "bien moins importantes que dans la fumée de cigarette", ainsi que des concentrations "négligeables" des substances cancérigènes recherchées.

"Moins toxique" que la cigarette, l'e-cigarette est-elle pour autant sans danger ?

Dès 2005, des études alertaient sur les importantes quantité de formaldéhyde (ou formol) présentes dans la vapeur générée par les dispositifs. Selon une enquête de 60 Millions de consommateurs rendue publique en août 2013, ce problème n'a pas été résolu par les concepteurs des e-cigarettes alors commercialisées dans l'Hexagone. L'association de consommateurs a expliqué en effet avoir identifié des molécules cancérogènes "en quantité significative" dans la vapeur émise par ces dispositifs : du formaldéhyde, donc, dont les teneurs relevées "flirtaient avec celles des cigarettes conventionnelles", de l'acroléine et de l'acétaldéhyde à des niveaux inférieurs à ceux de la fumée de cigarettes.

Réalisée à l'initiative du département de la santé publique japonais, une nouvelle synthèse de la littérature enfonce le clou : il n'est effectivement pas rare de trouver dans la vapeur (à des teneurs très variables d'un e-liquide à l'autre, et d'un dispositif électronique à l'autre) du formaldéhyde, de l'acroléine ou encore du méthylglyoxal.

"Ces composés carbonylés sont générés par oxydation de l'e-liquide lorsque [celui-ci] entre en contact avec le fil de nichrome chauffé", expliquent les auteurs de l'étude, publiée fin octobre 2014 dans l'International Journal of Environmental Research and Public Health.

"Dans certains cas, des concentrations extrêmement élevées de ces composés carbonylés sont générés, et peuvent contribuer à divers effets sur la santé", alertent les chercheurs, qui rappellent encore que "dans la plupart des cas, les niveaux sont inférieurs à ceux de la fumée de tabac de cigarette". Les marques de e-cigarettes et de e-liquides incriminées ne sont pas précisées dans ces travaux.

L'un des facteurs identifié de la production de ces composés à des taux dangereux est une tension inadaptée de la batterie. "Fabricants […] et utilisateurs de e-cigarettes doivent être conscients de ce phénomène", insistent les auteurs. Ils observent que peu d'études se sont, jusqu'à présent, préoccupées de l'émission de ces composés carbonylés.

"Il est important d'élargir la recherche dans ce domaine", concluent-ils, "afin de mieux comprendre la source de [ces composés toxiques] émis par les e-cigarettes et trouver des moyens de les réduire."

Source : Carbonyl Compounds Generated from Electronic Cigarettes K. Bekki, N. Kunugita et coll. Int. J. Environ. Res. Public Health 2014, 11(11), 11192-11200; doi:10.3390/ijerph111111192 

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