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Violences conjugales : le nombre de signalements a augmenté de 16% en 2019

Les forces de sécurité ont recensé 142 310 victimes de violences conjugales en France en 2019, soit 16% de plus qu'en 2018. Mais que veulent dire ces chiffres ? Les explications d'une spécialiste.  

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Violences conjugales : le nombre de signalements a augmenté de 16% en 2019
Violences conjugales : le nombre de signalements a augmenté de 16% en 2019

Selon les derniers chiffres relayés par le ministère de l'Intérieur, les victimes de violences conjugales en France ont augmenté de 16% entre 2018 et 2019. Il ne s’agit pas forcément d’une augmentation de ces violences, mais plutôt d’une hausse de leur signalement. 

Ces victimes sont à 88% des femmes, une proportion qui atteint 98% pour les victimes de viols et d'agressions sexuelles au sein d'un couple. 

Trois questions à...

Ernestine Ronai, responsable de l’Observatoire départemental de Seine-Saint-Denis des violences envers les femmes, apporte quelques éléments de contexte pour mieux comprendre ces chiffres. 

Les victimes de violences conjugales ont augmenté de 16% en un an. Comment lire ce chiffre ?

« Il faut surtout bien comprendre qu’il s’agit d’une hausse des signalements et non des violences en elle-mêmes. C’est plutôt bon signe, cela signifie que les femmes osent parler, notamment grâce à l'ère post #Metoo etc.. 

Le gouvernement a fait un effort sur la communication autour des numéros à appeler (le 17, le 114 par sms ou le 3919). Tout ça a permis aux femmes de savoir vers qui se tourner. De plus, il y a une prise de conscience de la société, et tout le monde sait qu’il a un rôle à jouer maintenant ! Le voisin, l’ami, le collègue etc..»

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Les femmes parlent plus, mais encore fait-il qu'elles soient entendues. Où en est-on à ce niveau-là ?

« Il reste du travail à faire. Depuis le Grenelle, on demande aux forces de sécurité de traiter en priorité les cas de violences conjugales. Avant cela, les dossiers restaient en bas du panier, alors qu’on sait que le temps est précieux dans ces affaires. 

On a trop tendance à attendre la plainte, or, c’est dès le premier signalement qu’il faut agir. Surtout quand on sait que les femmes signalent les violences parfois plusieurs années après le premier passage à l’acte. 

Enfin, il faut redonner confiance aux femmes, leur offrir le meilleur accompagnement possible, et pour cela, il faut une meilleure formation des forces de sécurité, des médecins etc..»

Le confinement que nous (re)vivons est un moment particulièrement dangereux pour les femmes qui vivent avec des hommes violents...

« Oui, et on regrette l’assouplissement de la communication sur les violences conjugales par rapport au premier confinement. En mars 2020 il y avait une plus forte sensibilisation autour des numéros d’urgence.

Peut-être que l’actualité donne d’autres priorités au gouvernement, mais ça ne devrait pas être ainsi... Il faut rappeler aux femmes que même confinées, elles ont le droit de sortir pour fuir un mari violent. »

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