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Soignants libéraux : un plan pour améliorer leurs conditions de travail

Le ministère de la Santé a présenté un plan pour améliorer la qualité de vie au travail des professionnels de santé libéraux. Plusieurs mesures concernent la sécurité des soignants et la prévention de la souffrance au travail. La réaction de Karim Mameri, secrétaire général de l'Ordre national des infirmiers. 

Rédigé le , mis à jour le

Entretien en vidéo avec Karim Mameri, secrétaire général de l'Ordre national des infirmiers
  • Etes-vous satisfait des mesures annoncées par Marisol Touraine ?

K. Mameri : "Aujourd’hui, nous sommes à 32 jours de la prochaine élection présidentielle. Marisol Touraine est ministre depuis mai 2012. Donc, c’est étonnant de se préoccuper seulement maintenant de ce sujet d’importance... Il y a eu plus de huit infirmières qui se sont suicidées en lien avec leur travail. C'est très inquiétant et il serait temps d'agir."

  • A quels genres de violences sont confrontés les infirmiers libéraux ?

K. Mameri : "Un infirmier libéral, c’est avant tout une infirmière libérale. A 86%, c’est une femme qui se rend seule dans l’ensemble du territoire et dans n’importe quel lieu. Elle y va à toute heure du jour et de la nuit pour apporter des soins. Effectivement, elle peut parfois être confrontée à des problèmes de violences intrafamiliales, à des conjoints ou à des patients qui sont agressifs, qui supportent mal leur maladie. Tout cela, elle le fait seule tous les jours et c’est parfois très compliqué (…).

"L’Ordre des infirmiers préconise que les choses soient prises au sérieux, c’est-à-dire qu’on ne puisse pas s’attaquer à un professionnel de santé comme cela."

  • On parle beaucoup du malaise des soignants à l'hôpital, assez peu pour les infirmiers libéraux. Pourquoi ?

K. Mameri : "Malheureusement, ce n’est pas un phénomène qui est moins fréquent. Ces infirmières sont isolées, travaillent seules… Il y a un observatoire de l’ordre des infirmiers qui a été mis en place il y a quelques années, mais les déclarations sont très faibles. Les gens n'ont pas le réflexe de signaler ces problèmes, de déposer plainte... Je pense que c’est un problème qui existe, mais qui est méconnu et complètement sous-évalué."

  • Quelles réformes faudrait-il faire pour améliorer le quotidien des infirmiers ?

K. Mameri : "Il faut agir en terme de prévention. Nous avons interrogé plus de 20.000 infirmiers en faisant un certain nombre de propositions. La priorité numéro 1, c’est de lutter contre les violences et les agressions des infirmiers.

"La campagne d’information ne pourra pas suffire. Il faut pouvoir former les professionnels de santé, accentuer la prévention... Et quand les faits délictueux arrivent, il faut prendre cela au sérieux et agir publiquement et solennellement."

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