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La solitude, une « double peine » pour les personnes handicapées ou malades

Près d’un tiers des personnes handicapées et/ou souffrant d'une maladie disent se sentir seules, contre 22% de la population générale, selon une étude de la Fondation de France publiée lundi.

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La solitude, une « double peine » pour les personnes handicapées ou malades

C’est une double peine qui demeure le plus souvent invisible… 32% des personnes souffrant d’un handicap et d’une maladie chronique disent se sentir seules et huit sur dix en souffrent selon une étude de la Fondation de France.

Vincent Lapierre, psychologue, a répondu aux questions du Magazine de la santé.

  • Les personnes handicapées et les malades chroniques se sentent-ils isolés pour les mêmes raisons ?

Vincent Lapierre : "Globalement oui. Que ce soit la maladie chronique, notamment quand elle est douloureuse, et le handicap physique ou psychique, il y a un frein aux déplacements, à la mobilité et donc à la possibilité d’entretenir des liens sociaux."

  • Cette étude montre que près d’un tiers des patients handicapés ou malades ont des revenus faibles, est-ce que cela contribue à l’isolement ?

Vincent Lapierre : "Bien sûr. La faiblesse des revenus limite la mobilité. La maladie ou le handicap peuvent aussi limiter dans les études, la scolarité. La Fondation de France parle de double peine et effectivement, quand on est malade ou handicapé, on va vraiment avoir du mal à « faire» une carrière, à suivre le chemin de ceux qui n’ont pas de handicap ou de maladie chronique."

  • L’isolement peut-il avoir un impact sur la santé ?

Vincent Lapierre : "Bien entendu. On se soigne mieux quand on a quelqu’un qui ne serait-ce que par son regard nous aide à prendre soin de nous. Et puis évidemment, l’isolement joue sur la santé mentale mais aussi sur le recours aux soins. Cela joue aussi sur la capacité à demander de l’aide à tous points de vue. Il y a l’idée de ne pas vouloir « être un poids » vis-à-vis des proches mais aussi parfois vis-à-vis des professionnels de santé."

  • Les professionnels de santé sont-ils suffisamment bien formés pour prendre en charge ces personnes isolées ?

Vincent Lapierre : "Nous sommes dans un mode de relation assez particulier surtout quand on a à faire à des personnes très isolées, enfermées chez elles. Parfois, nous  sommes le seul interlocuteur dans la journée et donc on peut se sentir assez vite débordé. Les professionnels de santé qui interviennent au domicile ont eux-mêmes une tournée à faire, ils ont un temps donné. Ils portent aussi cette pression et peuvent parfois être eux-mêmes dans un vécu d’isolement."

  • Comment peut-on savoir si un de nos proches ou voisin est isolé ?

Vincent Lapierre : "Nous avons tous humainement cette capacité à sentir les difficultés de nos contemporains, de nos voisins. A Paris par exemple, nous recevons beaucoup de signalements pour des personnes âgées isolées, en revanche on soupçonne moins ces situations d’isolement chez les personnes plus jeunes et il faut savoir que quand on parle de handicap, dans 8 cas sur 10, cela ne se voit pas du tout et donc, l’isolement est difficile à détecter."

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