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Rentrée des classes : un risque de reprise de l'épidémie ?

Le retour des élèves en classe pourrait-il provoquer une recrudescence des cas de covid dans le pays ? Quels sont les risques pour les plus jeunes ? Les explications de la Dre Véronique Hentgen, pédiatre infectiologue.

Rédigé le , mis à jour le

Selon la Dre Véronique Hentgen, pédiatre infectiologue au centre hospitalier de Versailles, les enfants de moins de douze ans ont toujours peu de risques de développer une forme grave du Covid avec ce variant.

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Les écoles : nouveau foyer épidémique ?

Dre Hentgen : Jusque-là, pour les moins de 12 ans, le principal contaminateur était un adulte. Si les enfants ne sont plus entourés que d’adultes vaccinés, ça va être intéressant de voir ce qui se passe.

On peut anticiper que les enfants peuvent se contaminer entre eux, si tous les adultes sont vaccinés. Mais ça va sans doute ralentir les cas dans les classes, car c’était souvent un adulte qui y introduisait le covid.

Le mode de contamination principal va beaucoup dépendre de la vaccination des adultes, et des enseignants si on parle de l’école. Est-ce que ça va changer la circulation du virus dans les classes ? Cela reste à voir.

Quels risques de contamination chez les enfants ?

Dre Véronique Hentgen : On va avoir davantage de contaminations chez les enfants à cause du variant Delta. Mais la maladie reste la même, elle reste peu grave chez les enfants. Il n’y aura donc pas d’augmentation proportionnelle des hospitalisations des enfants.

Ils peuvent se contaminer, mais ils se contamineront moins que les adultes non-vaccinés. De même pour la contagiosité : les enfants sont moins contagieux que les adultes non-vaccinés.

Des Covid longs chez les enfants ?

Dre Hentgen : Des études sont en cours sur les enfants et le covid long. L'une d'elle  publiée par le NEJM, montre que si ça existe, c’est moins fréquent que chez l’adulte, et c’est essentiellement de la fatigue prolongée. Mais ce n’est pas pour autant qu’on traîne les symptômes à vie. On a l’impression que l’enfant s’en remet mieux quoi qu’il arrive.

On parle beaucoup du Covid long, mais je n’en ai pas vu chez des enfants. J'ai vu des séquelles d’infections à Covid,  beaucoup de conséquences psychologiques et psychosomatiques du Covid et des séquelles chez les adolescents, comme de l’anosmie. 

Faut-il craindre le Pims ?

Dre Hentgen : Le Pims est une réaction inflammatoire exagérée du système immunitaire au covid et qui crée une inflammation cardiaque. C’est une complication spécifique à l’enfant, pas très fréquente. On connaît les traitements, ils sont standards et résolvent complètement le problème. 

Le Pims peut amener en réanimation, surtout si les symptômes ne sont pas reconnus assez rapidement : fatigue énorme, diarrhée, vomissements, fièvre très élevée qui ne répond à rien. 

Les patients les plus graves sont ceux où le diagnostic a traîné. Lorsque la prise en charge est précoce, ça se traite bien, mais il faut obligatoirement une prise en charge hospitalière.

Quel danger pour les adolescents ?

Dre Hentgen : Après la puberté, les ados sont aussi contagieux que les jeunes adultes. Ils sont probablement aussi souvent infectés que les jeunes adultes, et autant transmetteurs. Ils doivent se faire vacciner pour pouvoir vivre leur vie d’ado.

Il y a davantage de risque de Covid long chez les ados. Les seuls covid longs en pédiatrie concernent des ados à ma connaissance, mais toujours dans une proportion moindre que chez les adultes. 

Faut-il vacciner les adolescents ?

Pour leur santé mentale, vaccinez vos ados. La balance/bénéfice risque reste en faveur de la vaccination pour eux. C’est urgent qu’ils reprennent leurs activités, il faut éviter une troisième année comme les deux précédentes. Sinon beaucoup de choses vont poser problème à long terme.

Toutefois ce n’est pas suffisant : gardez le masque et continuez à appliquer les gestes barrière. On doit réussir à faire en sorte cette année que les enfants puissent aller à l’école quoi qu’il arrive. Si à partir de la classe, les enfants contaminent des adultes à la maison, c’est grave. Ce ne sont pas les enfants qui font les formes graves.