Moustiques tigres : faut-il s'inquiéter de leur présence fin octobre ?

Les températures estivales de ce mois d’octobre expliquent la présence inhabituelle à cette période de moustiques en France. Avec le réchauffement climatique, ce phénomène pourrait se répéter et le risque de maladies "exotiques" augmenter.

Mathieu Pourvendier avec AFP
Rédigé le , mis à jour le
Veillez à détruire les lieux de reproduction en supprimant toute eau stagnante
Veillez à détruire les lieux de reproduction en supprimant toute eau stagnante  —  shutterstock

Jusqu'à 28 degrés dans la moitié nord de la France, 30 degrés dans le Sud-Ouest... Les températures de cette fin octobre ressemblent à celles d'une météo estivale. Pas étonnant donc que les moustiques, en particulier les moustiques tigres, sévissent encore à ces dates tardives. Mais avec le réchauffement climatique, la situation risque de devenir habituelle. 

Pluie et chaleur, des conditions favorables

Pour Anna-Bella Failloux, spécialiste des maladies liées aux moustiques à l’Institut Pasteur interrogée par l'AFP, les moustiques tigres "ne devraient plus être là à cette période de l'année". De son côté, Grégory L’Ambert, entomologiste médical, à l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID-Méditerranée) indique à la Dépêche que cette année, les moustiques "n’ont pas encore reçu le signal que la saison était terminée". 

Ils vont donc "continuer à se développer et même de façon plus abondante chez le moustique tigre car il fait chaud et de plus, il a plu. La conjonction est vraiment favorable". Et ses observations sur le terrain confirment cette hypothèse : "les effectifs des moustiques tigres sont anormalement élevés. ".

60 cas de dengue en 2022

Le problème, pour Anna-Bella Failloux, est que "le moustique tigre est un 'vecteur': il est en fait 'compétent' pour transmettre des virus qui vont être pathogènes pour l'humain, comme la dengue" mais aussi le chikungunya et le virus Zika. Des maladies "exotiques" transmises par ces moustiques, jusqu'à récemment absentes en Europe, mais dont le nombre de cas pourrait exploser.

C'est d'ailleurs déjà le cas puisque l'Institut Pasteur a "recensé plus de 60 cas de dengue autochtones" en 2022, ce qui "n'était jamais arrivé", rapporte la chercheuse. Cette dernière révèle que cela n’aurait pas été imaginable il y a quelques années. Avant, ce virus arrivait sur le territoire métropolitain via des personnes revenant de voyage dans des pays exotiques.

Le moustique pique, se contamine, et transmet le virus

Et ce qui inquiète la chercheuse, c'est la chaine de contamination : "en piquant un humain, le moustique tigre absorbe du sang, laisse passer le virus à l'intérieur de son corps jusque dans ses glandes salivaires. Quand il pique de nouveau, il réinjecte ce virus : c'est ainsi que fonctionne la transmission et que sont générés des cas autochtones sur des personnes qui n'ont pas quitté le territoire."

Résultat : ces maladies exotiques sont maintenant "capables d'être transmises par un moustique tempéré en France" confirme Anna-Bella Failloux. "Le premier cas de dengue autochtone en France date de 2010. On avait eu un premier cas autochtone de chikungunya en 2010 également, et un premier cas de zika en 2019" précise-t-elle.       

En 2022, selon le ministère de la Santé, le moustique tigre est déjà installé dans 67 départements métropolitains sur 96. Et chaque année, cet insecte gagne du terrain. 

À lire aussi :  Quand les moustiques transmettent des maladies  

Comment limiter la propagation des moustiques ?

La chercheuse de l'Institut Pasteur prévient : "il faut rester vigilant, essayer d'anticiper. On s'attend à une hausse des virus car les populations continuent à voyager et les écosystèmes autour de nous fortement perturbés seront prêts à accueillir les moustiques."

Pour éviter la prolifération des moustiques, veillez à détruire les lieux de reproduction en supprimant toute eau stagnante. Pour cela, videz les coupelles sous les pots de fleurs, les seaux et le matériel de jardin, recouvrez les bidons de récupération d’eau avec une moustiquaire ou du tissu.

Entretenir son jardin en élaguant les arbres et en débroussaillant des haies et les herbes hautes supprime les lieux de repos du moustique. Enfin, pour éviter les piqûres, portez des vêtements longs, amples et clairs, utilisez des répulsifs cutanés et des moustiquaires.      

Des solutions naturelles face aux moustiques
Des solutions naturelles face aux moustiques  —  Le Magazine de la Santé - France 5

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