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Le spray anti-overdose n'est toujours pas disponible en pharmacie

Une dizaine d'associations dont Fédération Addiction, Aides, et Médecins du Monde interpellent les autorités et réclament l'accessibilité d'un spray nasal capable de sauver un patient en cas d'overdose. Faute d'accord sur son prix, ce médicament n'est pas commercialisé dans les officines. 

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Le spray anti-overdose n'est toujours pas disponible en pharmacie

C’est un simple spray nasal et pourtant il peut sauver des vies. Le Nalscue contient de la Naloxone, une molécule qui permet de bloquer l’action de l’héroïne, de la morphine ou de la codéine dans le cerveau. « Chaque consommateur d'opiacés, ou de substances proches, devrait en avoir sur lui en permanence » , insiste Michel Reynaud, addictologue et président du Fonds actions addictions.

La fabrication sera suspendue en 2020

Pourtant le spray miraculeux est uniquement disponible à l’hôpital ou auprès de centres spécialisés. Son prix n’étant pas fixé, il ne peut être commercialisé en pharmacie, ce qui le rend inaccessible au grand public. Les négociations entre l’État et le laboratoire Indivior patinent. Ce dernier prévoit même de suspendre sa fabrication en 2020.

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De plus en plus d'overdoses dues aux antidouleurs

« Pourtant les overdoses peuvent toucher beaucoup de monde », explique Michel Reynaud. Selon le ministère de la Santé, près de 500 personnes meurent chaque année des suites d’un surdosage. « Et la part due aux antalgiques opiacés, comme le tramadol et le fentanyl, ne cesse d’augmenter. »

Aux États-Unis, la surconsommation d’antidouleurs est même devenue la première cause de décès. Cette catastrophique crise des opiacés n’a pas encore traversé l’Atlantique. « En France heureusement, nous avons une administration qui régule la consommation. » Un important battage marketing a popularisé les antalgiques opioïdes et engendré une dépendance chez des millions d’Américains. « Des spots télévisés incitaient à prendre ces médicaments comme s’il étaient des bonbons qui font du bien ! », s’indigne l’addictologue.

 

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