Syndrome du côlon irritable
Ch@t du 28 janvier 2013 de 15h à 16h : Michel Neunlis, directeur de recherche à l'INSERM et le Pr. Stanislas Bruley des Varannes, chef de service d'hépato-gastro-entérologie ont répondu à vos questions.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
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Les réponses du Pr. Stanislas Bruley des Varannes, chef de service d'hépato-gastro-entérologie
Oui il faut faire une surveillance comme si vous n'aviez pas d'intestin irritable, et le rythme de surveillance par coloscopie est à déterminer avec votre médecin.
Non.
Les antidépresseurs sont utilisés mais uniquement pour leur vertu antalgique dans ce cas.
L'intestin irritable n'est pas à l'origine de polypes, il s'agit de deux entités différentes.
Non.
Non ce sont deux affections différentes et sans lien.
C'est possible mais seulement si la douleur varie d'intensité après les selles ou les gaz.
C'est en effet observé assez fréquemment.
Non pas directement en revanche elles peuvent être secondaires à une constipation que l'on peut observer dans l'intestin irritable.
Pas de lien.
Oui il y a un lien établi, le stress renforce les symptômes de l'intestin irritable, qui eux mêmes peuvent à leur tour être un facteur de stress.
Il s'agit de résultats préliminaires, et on ne peut pas dire actuellement que ce traitement ait une efficacité démontrée. Il faut éventuellement vous rapprocher du Professeur Benamouzig (Centre hospitalier Bobigny) qui a étudié cette thérapeutique.
Non.
La réponse est plutôt non et souvent les femmes vont mieux pendant leur grossesse.
C'est en effet possible.
Possible en effet par accumulation de gaz dans l'intestin.
C'est une cause rare de douleurs abdominales et son diagnostic doit être fait par votre médecin.
Oui sans doute, le cannabis ayant des effets sur le tube digestif mais le sevrage doit plutot améliorer les choses...
Oui médecin traitant d'abord car les examens complémentaires par un gastroentérologue ne sont pas systématiques.
C'est en effet possible. Il faut voir avec quelle fréquence ces symptômes surviennent et s'ils s'associent à des troubles du transit.
Le pic de survenue est entre 30 et 50 ans.
La survenue de vos symptômes est à priori trop peu fréquente pour rentrer dans les critères de l'intestin irritable mais il faut quand même voir avec votre médecin.
A priori non.
Possible car les lipides du chocolat peuvent accentuer la sensibilité digestive et aussi ralentir le transit digestif.
C'est en effet possible, mais il faut sans doute avoir un conseil plus précis et mettre en place un traitement efficace contre sa constipation pour voir si on ne peut améliorer les choses de cette façon.
Non mais il faut utiliser les aliments de façon progressive car c'est souvent l'apport brutal d'une trop grande quantité de fibres qui déclenchent les symptômes.
Non.
Non les symptômes sont d'abord ceus de la maladie de Crohn mais il est vrai que même quand il n'y a plus de lésions actives de Crohn vous pouvez garder des symptômes identiques à ceux de l'intestin irritable.
Il faut identifier les mécanismes qui vous déclenchent ou accentuent vos symptômes, voir si vous ne faites pas d'erreur hygiéno-diététique, et peut être renforcer votre activité physique.
Oui possible.
C'est encore assez débattu et plus avec des arguments passionnels que scientifiques.
A priori oui mais il faut le rediscuter avec votre médecin.
Il faut avoir un avis de spécialiste et peut être envisager des lavements réguliers pour éviter les accidents de diarrhée.
On ne peut pas dire ça même si chez de rares patients il y a une possible intolérance au gluten sans maladie coeliaque.
A voir !
Pour passer un cap seulement et en s'assurant qu'il n'y a pas d'occlusion possible.
Oui c'est possible, mais il faut revoir bien le problème et éventuellement faire une coloscopie si vos symptômes ont changé récemment.
Non sauf si il y a une constipation importante.
Oui.
Oui même si c'est un peu atypique.
C'est possible s'il y a des douleurs associées et si après la défécation les symptômes ont tendance à diminuer.
Ca peut être associé dans le cadre d'un syndrome d'hypersensibilité viscérale.
La coloscopie ne peut pas faire le diagnostic de SII. Elle permet simplement d'établir qu'il n'a pas de maladie organique du côlon.
Oui on peut en tout cas nettement mieux vivre avec et avoir de très longues périodes de rémission.
Tout dépend depuis combien de temps et s'il y a des signes ou symptômes associés. Les selles nocturnes sont un élément à prendre en compte pour consulter.
Il y a sans doute une composante gnétique mais mal établie, et globalement le risque n'apparait pas très augmenté par rapport à la population générale.
Sans doute non c'est une circonstance très habituelle de changement du transit.
C'est un signe qui doit vous faire consulter et peut être faire envisager une coloscopie.
Oui leur efficacité a été démontrée dans plusieurs études rigoureuses.
Non.
Oui privélgier les fibres solubles en les augmentant très progressivement.
Non.
Non.
Possible mais à documenter.
Oui mais ici il ne s'agit pas d'un intestin irritable (à documenter selon la chirurgie réalisée).
Les réponses de Michel Neunlis, directeur de recherche à l'INSERM
La prévalence de la maladie coeliaque chez les patients SII (syndrome intestin irritable) IBS est identique à celle de la population générale. Néanmoins, un régime avec gluten peut induire plus de symptômes chez les patients SII (prédominant diarrhéique) qu'un régime sans gluten.
Non, mais ils peuvent induire des symptômes (douleurs).
A l'heure actuelle, il semble difficile d'affirmer que l'on peut guérir de cette maladie. Ceci est du principalement au fait que les causes et facteurs responsables de cette maladie restent encore largement inconnus. Ils sont multiples et associent des facteurs environnementaux (stress, alimentation, infectieux) et génétiques. Aussi, des efforts importants mais qu'il faut encore renforcer sont développés pour mieux comprendre les mécanismes de la maladies. Ceci permettra de proposer une approche thérapeutique plus personnalisée, qui est d'ores et déjà entrain de débuter et de porter ses fruits .
Il y a dans certains cas une composante génétique de susceptibilité à développer la maladie mais probablement les facteurs environnementaux ont une importance majeure.
Le leaky gut ou porosité accrue de l'intestin est retrouvée, d'après les études en cours, dans environ la moitie de patients atteints du SII (environ 50%). De manière intéressante plus cette perméabilité est augmentée plus la douleur est importante, par exemple. A ce titre, les approches (pharmacologiques ou nutritionnelles) visant à rétablir une porosité normale sont d'un grand intérêt thérapeutique actuellement.
Non c'est un déficit d'enzymes (lactase) nécessaire à digérer le sucre du lait.
Des études montrent effectivement que les patients atteints de SII ont plus de sensations de fatigue et que ces scores de fatigue sont positivement corrélés avec la micro inflammation de la muqueuse du côlon.
Des études préliminaires ont montré que des régimes sans fodmaps amélioraient certains symptômes dans certaines formes de SII. Elles doivent encore être confirmées et précisées. Néanmoins, les FODMAPS restent des éléments essentiels à la physiologie et au bon fonctionnement intestinal.
Un spécialiste a déjà répondu à cette question. Merci de consulter les réponses du ch@t.
Des études confirment effectivement des effets positifs de l'hypnothérapie sur certains symptômes (douleurs) .
Différentes méthodes existent pour évaluer la porosité de l'intestin. La moins invasive est de mesurer dans les urines le passage de certains sucres (qui ont été bus avant l'examen). Cette mesure va donner des informations sur la porosité des différents segments (intestin grêle vs colon).
En général oui et en particulier pour l'IBS des études tendent à démontrer effets bénéfiques.
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Le syndrome de l’intestin irritable ou syndrome du côlon irritable aussi appelé colopathie fonctionnelle est un trouble fréquent, il est la cause de 30 à 50% des consultations auprès d'un gastroentérologue, il toucherait de 10 % à 20 % de la population des pays occidentaux, s'agissant surtout de femmes. Il s’agit d’un trouble digestif qui se caractérise par des malaises ou des sensations douloureuses au ventre.
Il est considéré comme un trouble fonctionnel plutôt que comme une maladie, il peut entrainer en revanche de l'anxiété et des dépressions.
Ces malaises sont associés à la modification de la vitesse de passage des aliments dans le côlon, trop rapides ou, à l’opposé, trop lentes, causeront des symptômes différents, comme des diarrhées ou une constipation. Comme les femmes sont plus touchées que les hommes et que leurs malaises s’aggravent durant leurs menstruations, on pourrait penser que les changements hormonaux jouent un rôle.
Il est conseillé d’éliminer les aliments à problèmes de son menu, ou d’en limiter la consommation comme la consommation de fibres insolubles, car elles stimulent les contractions de l’intestin, les matières grasses, les aliments qui peuvent causer des ballonnements et des gaz, et réduire le stress. En revanche, il faut augmenter la consommation de fibres solubles, car elles sont douces pour l’intestin. Les techniques de relaxation ont leur utilité. En cas de fortes douleurs, certains antispasmodiques aident beaucoup.
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