Alcool : des jeunes influencés sur instagram

Le plan addictions publié le 8 janvier 2019 ne prévoit pas d’augmentation du prix de l’alcool. Pourtant, cette mesure aurait peut-être pu avoir un impact chez les plus jeunes, cible privilégiée des producteurs.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le
Les Français dépensent plus d'argent pour les boissons alcoolisées en 2016 qu'en 2007 mais ils en consomment moins.
Les Français dépensent plus d'argent pour les boissons alcoolisées en 2016 qu'en 2007 mais ils en consomment moins.

 Alors que leur consommation est de plus en plus importante, une enquête du Figaro montre que les jeunes sont de plus en plus soumis à des publicités cachées pour l’alcool sur les réseaux sociaux.

D'ailleurs, le plan addictions reconnaît que l'exposition des jeunes à la publicité et aux ”stratégies d'influence” en faveur de boissons alcoolisées est problématique. Des stratégies d’influence qui se font de plus en plus courantes, notamment sur instagram, comme le montre une enquête du Figaro parue ce mardi 8 janvier. Alors qu'il s'agit du réseau préféré des 16 – 24 ans, certains alcooliers recrutent de jeunes influenceurs parfois encore mineurs. Ces jeunes, très suivis sur instagram, étaient avant tout recrutés par les marques de prêt à porter. Mais  certains alcooliers,  d'après Le Figaro, usent de plus en plus de cette forme de publicité. La marque a recruté plus de 10 influenceurs, la plupart ayant moins de 20 ans.

Une méthode fructueuse d'un point de vue marketing: en effet, si la marque, en postant une photo, obtient autour de 150  likes, cette influenceuse en obtient 4 214.

Cet autre influenceur écrit même qu’il réalise ses rêves grâce à la marque de bière.

Que dit la loi de ces publicités ?

La Loi Evin de 1991 protège les jeunes des publicités pour les boissons de plus de 1,2 degré d’alcool. Elle interdit la publicité sur des médias ciblant directement la jeunesse, et impose que la pub soit accompagnée de la mention ”l’abus d’alcool est dangereux pour la santé”. Ensuite, elle interdit les références au plaisir, à la fête, à la séduction; les informations doivent se limiter aux factuelles (degré d’alcool, mode de fabrication). Sur instagram, ces règles ne sont pas entièrement respectées: mise en scene du produit, ou encore mention obligatoire inexistante. De même, le fait que le contenu soit sponsorisé n'est pas systématiquement indiqué. Enfin, le code de déontologie des producteurs d’alcool proscrit les publicités sur des médias dont l’audience est composée de plus de 30% de mineurs, ce qui pourrait être le cas du réseau social en question.

L’alcool chez les jeunes, une habitude qui s’installe

Les statistiques de consommation d’alcool chez les jeunes sont inquiétantes. D’après Alcool Assistance, une fédération nationale reconnue d’intérêt publique, en 2014, l’alcool est la substance psychoactive la plus consommée à 17 ans. Alors que 11% des jeunes âgés de 17 ans affirment boire régulièrement de l’alcool, 57% déclarent avoir été déjà ivres au cours de leur vie. Ces chiffres mettent en avant à la fois la régularité de la consommation chez beaucoup de jeunes, mais indiquent aussi la problématique de la quantité d’alcool bue, poussée jusqu’à l’ivresse. Selon L’OFDT (Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies), 44 % des jeunes de 17 ans s'adonnent une fois par mois au binge drinking. Cette pratique, traduite littéralement par ”boire à l’excès”, consiste à boire 5 verres ou plus en une même occasion. Bien souvent, la quantité d’alcool est rapidement ingérée. Or, plus le passage de l’alcool dans le sang est rapide, plus le taux d’alcool augmente et le risque d’une intoxication aiguë par l’alcool est élevé.