Musique et cerveau : un tube dans la tête

♬ MUSIQUE ET CERVEAU - Pourquoi notre cerveau est-il plus réceptif à une rengaine qu'à une autre ? Comment notre cerveau fait-il d'une chanson un succès ? C'est la question que se posent tous les producteurs de musique du monde.

La rédaction d'AlloDocteurs
La rédaction d'AlloDocteurs
Rédigé le , mis à jour le

Darwin reconnaissait lui-même que la musique est "l'une des caractéristiques les plus mystérieuses chez l'homme", ajoutant qu'on pouvait trouver une explication dans la sélection sexuelle. Les premières vocalises de nos ancêtres, disait Darwin, ont été émises pour faire la cour. Elles seraient à l'origine de la musique puis du langage.

Dans une étude rapportée par la revue scientifique américaine Evolutionary Psychology, les scientifiques proposent une hypothèse pour le moins originale : le succès d'une chanson dépendrait en partie de la quantité de messages "reproductifs" universels autour du sexe, de la parentalité ou encore de la fidélité contenus dans ses paroles. Les chansons qui rencontrent les plus gros succès commerciaux et populaires ne sont pas toujours celles dont les paroles sont les plus profondes. Mais selon les chercheurs, derrière les paroles les plus anodines et mielleuses se cachent des messages concernant la sélection naturelle et la survie de l'espèce humaine.

En 2003, une étude portant sur les airs d'opéra du XVIe siècle avait abouti à la même conclusion. Environ 92% des 174 titres qui ont atteint le Top 10 Billboard (le classement de référence américain) en 2011 contenaient des messages à caractère reproductif, avec une moyenne de 10,49 expressions reproductives par chanson.

Comment déterminer l'importance des messages dans le succès d'une chanson ?

Pour déterminer l'importance de ces messages dans le succès d'une chanson, les chercheurs ont classé les paroles de ces succès en 18 catégories. Par exemple, toutes les paroles concernant les séparations, les peines de coeur ont été classées dans la catégorie "rejet". De même, les "que je t'aime" et autres "je t'aime moi non plus" ont été classés dans la catégorie "acte sexuel". Ils ont ensuite analysé les réactions cérébrales d'un millier de volontaires. Deux modes d'analyses :

  • la tomographie qui permet d'observer quelle zone est chimiquement activée
  • la résonance magnétique qui décrypte la succession dans le temps des activités du cerveau

Résultat: sur les 60 ans de chansons à succès passés en revue, les chercheurs ont découvert que le nombre de messages reproductifs contenus dans une chanson augmentait l'activité des zones du cerveau concernées par les émotions, et ce même après avoir éliminé le facteur de la célébrité de l'artiste.

Si l'imagerie médicale donne des clés aux créateurs en quête de succès, on peut imaginer que l'inspiration risque de laisser la place au marketing pur. Une combinaison de neurosciences, de mathématiques et de psychologie cognitive qui permettrait de produire l'insaisissable élixir de la parfaite chanson que l'on va tous connaître par coeur. Nous n'en sommes pas là heureusement. Mais la recherche s'intensifie parallèlement à la crise que connaît l'industrie discographique.

Ce que vos goûts musicaux révèlent sur notre personnalité

Le professeur Adrian North de l'université Heriot-Watt en Écosse a étudié durant trois années le rapport entre goûts musicaux et personnalité auprès de 36.518 personnes dans le monde entier. Depuis des dizaines d'années, on pensait que les fans de rock étaient des rebelles et que les amateurs d'opéra étaient des personnes riches qui avaient reçu une bonne éducation. Mais pour la première fois une étude montre que le style musical d'une personne ne colle pas toujours avec son apparence.

Ainsi, la plupart des amateurs de jazz et de musique classique se croient meilleurs que les autres personnes mais, en général, les premiers sont moins timides que les seconds. Les amateurs de musique américaine country and western seraient travailleurs et timides, ceux qui aiment le rap ont un caractère assez social et les fans de rock ne sont pas très faciles à vivre. Ceux qui aiment la musique soul terminent en haut de la liste : selon l'étude du professeur North ils sont à la fois créatifs, sociaux, doux et bien dans leur peau.