1. / Grossesse - Enfant
  2. / Procréation
  3. / Fertilité, infertilité

Fertilité : comment le spermatozoïde s'arrime à l'ovule

Dès l'instant où Izumo a rencontré Juno, ils ne se sont plus quittés. Sans quoi vous ne seriez pas nés... 

Rédigé le

Fertilité : comment le spermatozoïde s'arrime à l'ovule
Fertilité : comment le spermatozoïde s'arrime à l'ovule

Non, Izumo et Juno ne sont pas les pseudonymes choisis par vos parents lors de leur inscription à un réseau de petites annonces amoureuses : il s'agit des noms de molécules clefs, respectivement portées par les spermatozoïdes et les ovules, sans lesquelles les gamètes ne pourraient s'attacher l'un à l'autre.

Izumo est le nom d'un très célèbre sanctuaire shinto japonais, dédié à Ōkuninushi, divinité (kami) protectrice des unions conjugales. Juno est le nom latin de "Junon", reine des dieux et, également, protectrice des mariages...

Si Izumo est identifié depuis 2005 (la découverte avait déjà fait l'objet d'une publication dans Nature), son alter ego féminin vient tout juste de révéler son existence.

Les souris mâles génétiquement modifiées pour être incapables de produire la protéine Izumo ne peuvent se reproduire. Les études réalisées en 2005 ont démontré que les spermatozoïdes dépourvus d'Izumo peuvent franchir la première couche de la membrane de l'ovule, mais sont incapables de fusionner avec elle.

Une équipe étasunienne a synthétisé en laboratoire des protéines Izumo, et les a couplées avec un traceur coloré. Les protéines témoins ont été mises en présence d'ovules... et se sont bientôt liées à une mystérieuse inconnue : Juno.

Pour confirmer le rôle de Juno, les biologistes ont créé des lignées de souris incapables de produire cette molécule. Sans surprise, les femelles étaient stériles.

"Sans cette interaction essentielle [entre Izumo et Juno], la fécondation ne peut tout simplement pas se produire", détaille le docteur Gavin Wright, principal auteur de l'étude, dans un communiqué. Il souligne que certaines formes de stérilité pourraient être liées à un problème dans la production de l'une ou l'autre de ces protéines.

De fait, "cette découverte [est susceptible] d'améliorer les traitements de la fertilité", note le chercheur, "[aussi bien] que de permettre le développement de nouveaux contraceptifs."

L'équipe du professeur Wright a également découvert que, dans l'heure qui suit l'arrimage, les protéines Juno situées à la surface de l'ovule disparaissent. Ce phénomène pourrait participer au mystérieux processus par lequel un spermatozoïde et un seul parvient à fusionner avec l'ovule.

Source : Juno is the egg Izumo receptor and is essential for mammalian fertilization. G.J Wright et coll. Nature, 16 avril 2014 doi:10.1038/nature13203