Cinq choses à savoir quand on prend de la cortisone

La cortisone fait partie d'une famille de médicaments, les corticoïdes, fréquemment prescrits pour leurs effets anti-inflammatoires. Ils miment une hormone naturellement produite par l'organisme, le cortisol, mais ont parfois des effets secondaires gênants. On fait le point

Dr Charlotte Tourmente
Dr Charlotte Tourmente
Rédigé le

Je peux prendre du poids

Dans l'organisme, le cortisol, produit par les glandes surrénales, fait partie des hormones du stress. Il est sécrété quotidiennement et permet une mobilisation adaptée de l'énergie. En cas de stress aigu, l'organisme augmente sa production pour pouvoir avoir une libération rapide d'énergie. Le cortisol est connu pour stimuler l'appétit et favoriser l'accumulation des graisses, ainsi que leur stockage au niveau de l'abdomen et du tronc. Les patients prenant des corticoïdes au long cours peuvent donc présenter une modification de la silhouette et un arrondissement du visage. Bonne nouvelle, cette prise de poids est réversible en quelques semaines après l'arrêt du traitement. 

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Dois-je manger sans sel pour ne pas gonfler ?

Un régime strict sans sel a longtemps été recommandé durant le traitement, sans preuve formelle. Aucun régime alimentaire durant le traitement n'a officiellement fait ses preuves. Une étude avait même évalué que les conseils émis par les médecins prescrivant les corticoïdes dépendent de leur expérience et des retours des patients.Ce régime ne serait justifié qu'en cas de pathologie le nécessitant, comme une insuffisance cardiaque majeure par exemple. 

De même, il est parfois recommandé de limiter les sucres rapides et les graisses, pour éviter la prise de poids, et d'augmenter les protéines. Mais là encore, on se heurte à l'absence d'études avec une méthodologie suffisante. Il est donc compliqué d'imposer un régime contraignant sans être certain de sa nécessité. 

En revanche, une alimentation riche en calcium et en vitamine D est une recommandation étayée par les études, du fait du risque majoré d'ostéoporose. En attendant, si on craint de prendre du poids, le bon sens recommande de limiter l'apport global en calorie et d'adopter une alimentation équilibrée et variée, sans grignoter entre les repas.    

Je peux avoir du mal à dormir

L'insomnie est un effet secondaire fréquent des corticoïdes, mais pas systématique. Les effets secondaires dépendent de la dose et de la durée du traitement. Plus la dose est élevée, plus le traitement est long et plus le risque d'effets indésirables augmente. De plus, leur survenue est très variable d'une personne à l'autre.   Pour prévenir l'insomnie, il est préférable de prendre son traitement le matin pour respecter la sécrétion naturelle par l'organisme. Le pic de cortisol a justement lieu le matin, aux alentours de 8 heures, et son taux est le plus bas en première partie de nuit (source : Edimark). Dans certaines pathologies où la dose prescrite est très faible, la prise peut se faire le soir sans risquer de faire une nuit blanche.

Faut-il diminuer les doses avant d'arrêter ?

Au-delà d'un traitement de 10 jours, il est recommandé de baisser progressivement les doses. On baisse d'environ 10% la posologie tous les 8 à 15 jours pour tous les traitements au long cours (source : Vidal). 

Deux raisons expliquent cette nécessité : interrompre brutalement son traitement peut favoriser les rechutes de la maladie pour laquelle le corticoïde est prescrit. Les surrénales, qui produisent le cortisol, diminuent leur activité lors d'un traitement par corticoïde. La diminution par pallier leur permet de reprendre leur activité plus facilement et évite une insuffisance surrénalienne aiguë, une incapacité brutale à assurer leurs sécrétions hormonales.      

Je peux être euphorique ou très irritable

Les corticoïdes provoquent fréquemment une euphorie ou, chez certains une irritabilité, voir un état dépressif. Leur survenue est accentuée en début de traitement et ces effets secondaires sont temporaires et s'arrêteront à l'arrêt du traitement. Plus rarement, ces états peuvent donner lieu à un accès maniaque (comme dans une maladie bipolaire). Il est alors nécessaire de consulter au plus vite.    

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