Traumatisme crânien : plus besoin de scanner ?

Traumatisme crânien : plus besoin de scanner ?

Un simple test sanguin pourrait suffire à déterminer la gravité d’un traumatisme crânien. C’est le résultat d’une étude menée par une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

La rédaction d'AlloDocteurs
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De par le nombre de victimes (plus de 100 000 chaque année en France), le traumatisme crânien est un problème de santé publique. Si beaucoup des traumatisés (près de 90 %) sont considérés comme légers, ils ne sont pour autant pas tous hors de dangers. Plusieurs mois après, le choc peut en effet être la cause d’hémorragies cérébrales.

Les scanners ne révélant que dans moins de 10 % des cas des lésions significatives, les chercheurs de l’Inserm ont évalué la pertinence d’un test sanguin qui permettrait de ne pratiquer un scanner qu’à un petit nombre de patients, seulement ceux présentant un risque réel de complications. Méthode moins intrusive, ce test sanguin permettrait également de réduire les côuts liés à l’utilisation de scanners.

Pour analyser la gravité des lésions cérébrales, les chercheurs ont planché sur la protéine S-100B, uniquement produite lorsque les patients sont soumis à un stress trop important. Ils ont alors imaginé qu’en dosant cette protéine par une simple prise de sang, on disposerait d’un indicateur de l’état du cerveau : présence ou non de lésions importantes.

Dans le cadre de cette étude, 1500 victimes de traumatismes crâniens ont été suivies au CHU de Bordeaux. Ils ont tous reçu comme dans la pratique courante, un scanner cérébral, et il leur a été proposé en plus, à partir d’un peu de sang déjà prélevé, d'effectuer un exament de dosage de la protéine S-100B.

La comparaison des résultats des deux examens (scanner et test sanguin) établie les constatations suivantes :

  • seuls 7 % des patients présentaient un scanner positif, évoquant une lésion cérébrale ;
  • parmi les 292 patients qui avaient un test de la protéine S-100B négatif, un seul avait un scanner positif.

Pour les chercheurs, coordonnés par le Dr Emmanuel Lagarde et le CHU de Bordeaux, cette technique est "prometteuse et elle permettra vraisemblablement dans un avenir proche d’apporter une prise en charge des traumatisés craniens légers plus sûre et moins couteuse."

Source : "S100-B Protein as a Screening Tool for the Early Assessment of Minor Head Injury",
Annals of Emergency Medicine, étude puliée le 26 septembre 2011.

 

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