Soins intensifs : un séjour prolongé augmente le risque de démence

Soins intensifs : un séjour prolongé augmente le risque de démence

Confusion mentale, troubles cognitifs semblables à ceux de la maladie d'Alzheimer... les trois quarts des patients traités en soins intensifs développeraient ces déficiences. C'est la conclusion d'une étude publiée dans le New England Journal of Medecine. Un problème peu reconnu par la médecine, selon les chercheurs.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le

Cette recherche menée sur 821 patients âgé en moyenne de 61 ans admis dans deux centres hospitaliers américains pour insuffisance respiratoire, cardiaque ou en raison d'un choc septique et sans aucun signe d'insuffisance cognitive, montre que 74% d'entre eux finissent par développer un delirium durant leur hospitalisation.

Le delirium, ou confusion mentale, est une forme sévère de dysfonctionnement du cerveau, fréquente en cas de maladies graves chez les personnes plus âgées. Il est très souvent lié à une mortalité plus élevée, relèvent les chercheurs, dont le Dr Pratik Pandharipande, professeur d'anesthésiologie à la faculté de médecine de l'Université Vanderbilt, et principal auteur de cette étude parue dans le New England Journal of Medicine.

Mais ces travaux montrent qu'une hospitalisation prolongée en soins intensifs est également liée à des déficits cognitifs durables même chez des personnes beaucoup plus jeunes.

Ainsi, après trois mois dans ce service hospitalier, 40% des participants à la recherche avaient une capacité mentale similaire à des personnes ayant subi un traumatisme cérébral modéré, tandis que 26% avaient un état cognitif comparable à des personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer.

Ces déficits cognitifs ont touché les patients âgés et plus jeunes de moins de 50 ans et ont persisté jusqu'à douze mois.

"Avec l'amélioration des traitements, les malades survivent plus souvent à des maladies graves mais si cette survie s'accompagne d'une déficience cognitive, survivre ne suffit pas", relève le Dr Pandharipande, professeur d'anesthésiologie à la faculté de médecine de l'Université Vanderbilt.

"Les résultats de cette étude fournissent des indications importantes sur l'étendue de ce problème et la nécessité de le reconnaître davantage et de trouver des solutions", estime le Dr Molly Wagster, neurologue à l'Institut américain du vieillissement.

Selon ces chercheurs, certains dommages cérébraux pourraient être en partie évités en écourtant la durée du delirium dans les unités de soins intensifs par la surveillance et en réduisant plus tôt la dépendance aux antidouleurs et aux somnifères et en favorisant une plus grande mobilité.

Une telle approche peut sauver des vies et réduire le handicap cognitif, selon ces médecins.

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